Monument aux morts de Saint-Quay-Portrieux LANLO JM ET JF

Le déplacement du « monument aux morts de la commune» du port à l’hôtel de ville de Saint-Quay-Portrieux a été l’opportunité de vérifier les noms et les états de service de tous ces combattants morts pour la France.

En voici un exemple , j’ai eu le privilège à cette occasion de rencontrer le petit fils de M. Lanlo Jean-Marie déporté et décédé à Neuengamme le 20/09/1944.

Jean-Marie Lanlo, Jean-François Lanlo la précision inscrite sur le monument est importante.

Jean-Marie  LANLO  né le 7 Février 1878  à Pontrieux Côtes du Nord,  officier Lieutenant-Colonel  entra dans la résistance en mars 1942  au réseau Mithridate  dont le PC était tenu par son fils Jean-François . Il hébergea avec sa femme  une trentaine d’aviateurs  reçus par le Réseau Pat OLeary puis Oaktree formé à St Quay Portrieux par  Raymond LABROSSE (officier Canadien).
Il fut mis en relation avec ce dernier   par sa femme   Mme LANLO  à travers Mr MINGUY. Il fut mis aussi ainsi avec d’autres hébergeurs (  Mme CÉLLARIÉ, BRINGUET  et CHARMEAU  ,Jean CAMARD et son père Jérome, et LIGERON).Jérôme CAMARD , LIGERON et le Lt Colonel LANLO Jean-Marie seront arrêtés  et déportés. Les deux derniers disparaîtront en Allemagne  à Neuengamme  le 20 09 1944.

 

 

Jean François LANLO   né le 23 septembre 1909 à Pontrieux , fils de Jean  LANLO, officier  d’active  il est dénoncé comme officier  sympathisant gaulliste  et arrêté par la police française ; Il s’évade  du camp de Morzac  et rejoint St-Quay-Portrieux, où il prend la tête du réseau Mithridate pour la Bretagne . En Avril 1943 le Colonel De BRESSAC  cède au lieutenant LANLO  à la mission Oaktree ; A partir de ce moment , Jean François travaille en collaboration avec VAL William (russe américain)  et de son radio , Raymond LABROSSE  dit Paul , tous deux parachutés dans la forêt de Rambouillet. Il va alors constituer avec Joseph MINGUY un réseau  d’hébergeur , avec son père, sa mère, ainsi que  Madame  Emilie  CELLARRIÉ  BRINGUET , CHARNEAU J. CAMARD et LIGERON. Il sera arrêté avec les deux  derniers  en Juin 1943,  Transféré de la prison de St Brieuc à la prison Jacques Cartier de Rennes, il tente une évasion, puis sera envoyé par le convoi du 4 aout  vers Belfort, mais profitera d’un bombardement du train pour s’évader. Il retourne en Bretagne pour prendre le commandement du maquis du Bois de la Salle en Pléguien. sous la dépendance de l’ORA du commandant LE COATER.

                                                    Jean-François LANLO

Les souvenirs se ramassent à la pelle 4ème épisode…

En 1942, le décès de mon Père obligea ma Maman à descendre chaque jour à Saint-Quay où elle avait trouvé du travail. Déjà très fatiguée par l’accompagnement de son mari malade, chaque soir la remontée à Kertugal était une terrible épreuve. Je me souviens en particulier du passage devant la Kommandantur (Rue Pierre Loti) … . Parfois une sentinelle souriante avec un mot gentil, parfois l’indifférence, parfois la moquerie, …
Pour soulager cette fatigue, Maman décida d’habiter Saint-Quay ; elle trouva une pièce au-dessus de la Librairie HEURTEL. [Le bâtiment n’existe plus. Il était situé face à Ty Huel, au débouché de la rue de Dol qui n’existait pas davantage que sous forme d’un cul-de-sac sans nom. Les voisins : au Nord l’établissement LANCIEN (Crêperie de la Plage), au Sud l’épicerie « François COUSIN » (aujourd’hui Agence immobilière)].
Saint-Quay va nous révéler bien d’autres aspects de l’occupation … Dans notre nouveau logement afin de ne pas indiquer à d’éventuels avions alliés la présence d’une zone habitée, l’ampoule électrique était peinte en bleu et la fenêtre occultée par une grosse couverture bien appliquée pour empêcher la fuite du moindre rayonnement lumineux. … Parfois le soir, une patrouille allemande voyant quelques rayons indisciplinés se contentait d’un … « LUMIERE ! … » Avec l’accent guttural que nous, les gamins aimions imiter. Parfois aussi la chose tournait autrement … Nous avions diné, quand nous fûmes surpris par des coups violents contre la porte … « Patrouille … lumière !…Ouvrir ! ». Ce dernier ordre exécuté, quatre soldats de l’Armée occupante pénétrèrent dans la pièce … j’avais une trouille terrible, … après vérification de la couverture calfeutrant la fenêtre, les soldats s’intéressèrent davantage à Maman. … Je vins m’appuyer à son coté, elle passa un bras autour de mon cou … alors que je tremblais de peur, Maman, me serrant contre elle … d’une voix calme et assurée … « N’ai pas peur, ces Messieurs ne sont pas méchants … ils ont sûrement des enfants comme toi, qui en Allemagne sont loin et s’ennuient de leur
Papa … ». … Bien qu’un peu calmé je n’étais toujours pas rassuré, mais fier, ô combien, de ma Maman. Les soldats partis, j’eus honte de moi. Du haut de mes douze ans, je me prenais déjà pour un homme et j’avais tremblé « devant l’ennemi » …
Pour la petite histoire, la Librairie, au-dessus de laquelle nous logions était tenue par Madame HEURTEL. Cette dame avait demandé à Maman, si elle pouvait m’emmener à la séance cinématographique à laquelle la population était conviée un jeudi par mois. Etaient projetés des films tournés sur les différents fronts … « On » vint dire à maman de faire attention, que Madame HEURTEL était une « COLLABO » et que les images proposées étaient de PROPAGANDE ; … moi je voyais surtout un spectacle d’action !
Un jour, le « téléphone ado » m’apprend : « Lulu AUFFRAY, vient de découvrir un cadavre. Rendez-vous chez lui. ». Lucien appartient à une nombreuse fratrie qui habite le « quartier des Landes » ; il aime au petit-matin chercher des nids d’oiseaux dans la campagne voisine…. Ce jour-là, en fait de volatile, il trouva, allongé le long d’une haie un cadavre, auprès duquel il m’amena … il s’agissait d’un homme allongé face contre terre, entre les doigts de sa main droite retourné une cigarette en partie consumée …Nous connaissions ce garçon (dont j’ai oublié le Prénom et le Nom de Famille); il était de Saint-Quay, … un brave gars, un peu simplet ….Tout de suite nous fûmes d’accord : « Un coup de la résistance ! … c’est dégueulasse ! ». Nous ne sûmes pas comment les autorités eurent connaissance de l’événement, le fait est que dans l’après-midi une info circulait de bouche à oreille : Dans la nuit des Résistants vinrent frapper à la porte du domicile de la maman du garçon ; c’est elle qui ouvrit … « Va nous chercher ton gars ! » … .
Nous savons ce qu’il advint …
Cette fois, « téléphone breton » : Un avion allemand abattu près de la « Halte de Kertugal du Petit train ». Je me rends sur le lieu … il y a du monde autour de l’oiseau blessé mollement avachi sur l’herbe d’un pré … Dans l’ensemble personne ne semble peiné … mais chut ! … un petit détachement de Soldats outre-Rhin veille.
Le 4 juin lors du débarquement allié en Normandie, notre joie familiale fut gâchée par le fait que nous savions Yvonne veuve de Gaston LE GUILLARD, dans la zone des combats avec sa mère et sa fille Jeanine âgée de 9 ans. (Gaston est le petit frère de ma Maman). Nous n’avions aucune information, quand, bien plus tard, un après-midi … nous vîmes arriver Yvonne poussant une bicyclette, Jeanine, 9 ans, marchant à côté d’elle, accrochée à la jupe de sa maman ; sur le bicycle, des sacs tout autour … ce qu’ils ont pu sauver et assurer le portage … Les bombardements … la maison touchée … la maman d’Yvonne tuée, morte dans les bras de sa fille … la fuite vers un refuge … la famille … . Un vélo, récupération
du maximum d’affaires et de vivres, compatible avec le moyen de transport et dans cet équipage … de Thury-Harcourt en avant pour … Saint-Quay-Portrieux (230 km environs) … sous menace attaque aérienne …
« Le Patro », dont le local était rue Poincaré, eut lieu pendant quelques temps dans l’enceinte de la villa Jeanne d’ARC …. Un jeudi, en fin d’après-midi, alors que je sortais de la villa par le grand portail de la rue Jeanne-d’Arc, une patrouille militaire allemande vint à passer … soudain, un des militaires se détacha de ses compagnons, se précipita vers moi, m’enleva brutalement le bêret et avec rage en arrache l’étoile, qui indiquait mon emploi de « Chef d’équipe », la piétina avec hargne … puis me jeta mon béret.
L’officier allemand, qui je pense, commandait les troupes d’occupation, était un fort pleurnicheurs diminuent d’intensité … ce qui semble agacer l’équipage d’Outre-Rhin. Calmement, l’Officier sort son pistolet, le pointe à 45 degrés et tire deux coups de feu … rengaine et reprend son chemin …bel homme, distingué, fin cavalier … . Il était trop tôt pour aller retrouver « les autres » … je décide donc d’aller voir CHARLOT, … Charlot est menuisier. Il menuise dans une modeste cabane en … bois érigé sur un terre-plein de terre haut de 1,50 à 2 mètres ( Aujourd’hui correspond sensiblement à la facade ouest de SPAR). Ma discussion avec le faiseur de copeaux fut interrompue par les aboiements rageur du chien de Charlot … . Sortant de la cabane nous vîmes d’abord remontant la rue Jeanne d’Arc, un magnifique cheval superbement monté par un officier allemand … fort en gueule, mais tel un chien sioux le cabot avance lentement à pas rampés vers les membres inférieurs de l’équidé … qui soudain avec une violence inouï déclenche ses deux fers arrières, revient sur ses quatre sabots puis se cabre … l’attitude du cavalier est superbe de calme et de maîtrise de l’art équestre. Le cabot a pris ses distances sans que ses aboiements
courue qu’il s’était évadé en sautant par une fenêtre du 1er étage de son lieu de détention … .
Dans la soirée du 2 août nous entendons une certaine agitation … puis quelques coups de feu … d’une fenêtre de sa chambre maman observe en haut de la place de l Ce 14 juillet 1944, des odeurs de libération flottaient dans l’air. Cela dû donner des ailes à Jacques GOEFFROY père, le Tailleur, qui décida … et vint planter un drapeau Bleu-blanc-rouge devant le monument aux morts adossé à l’Eglise. On a coutume de dire « au nez et à la barbe de l’occupant » … Quoiqu’il en soit le petit Tailleur Patriote fut arrêté et mis en détention.

François Girauld Capitaine de la Légion Étrangère en retraite

« Les souvenirs se ramassent à la pelle »… 3 ème épisode

Je dois préciser que ces parenthèses extra-scolaires ne ralentissaient nullement l’activité normale d’une école primaire … la preuve :En conclusion de l’année scolaire 1942-1943,
Pierrette Loquillard, Yvonne Joannis et François Girauld furent présentés à l’examen du DEPP. Les épreuves se déroulaient à Etables, donc il fallait s’y rendre … . Or, en ce temps d’occupation les transports collectifs se faisaient rares. Il en fallait plus pour arrêter « JOSEPHINE ». C’est donc en vélo que nous rendîmes à et revinrent du Chef-lieu de Canton … Ceux qui n’ont pas vu l’équipage de ces quatre cyclistes ne peuvent l’imaginer … En longue jupe, montée sur un bicycle on ne peut plus féminin, notre vaillante Directrice mène le train … en colonne, dans le sillage suivent les deux filles, plus courtement enjuponnée, elles … et en serre-file, le garçon courtement enculotté … C’est ainsi que nous arrivâmes dans la cour de l’école objectif. Après avoir reçu les derniers conseils, nous entrons dans la salle d’examen où nous passâmes quasiment la journée … et pour quels résultats ? : Trois échecs ! Qu’à cela ne tienne, il y a un rattrapage en septembre … cette fois c’est à Plouha que nous sommes attendus … nous nous y rendons et y revenons dans le même équipage qu’en juin ; toutefois une différence : TROIS SUCCES. Y’a de la joie certes pondéré par un brin de mélancolie ; joie d’entrer en 6 ème au Cours complémentaire du Portrieux, mélancolie … de quitter Mademoiselle LE JUDEX et sa personnalité si attachante …
[(Le Cours complémentaire, du Primaire Supérieur, visait la classe de 3 ème préparant au Brevet d’Etude. J’ai vu beaucoup de ceux ayant ce B.E en poche se diriger vers des fonctions alors publiques : Poste (PTT), Sécurité sociale, Ecole Normale d’Instituteurs)]
Avant de quitter notre chère école voici un souvenir en forme de clin d’oeil à Mademoiselle Josephine Le Judex …
Nous avions remarqué que périodiquement ( semaine ?, mois ? … ), notre Institutrice recevais un livret qui lui précisait quotidiennement l’enseignement à dispenser. Parmi cet enseignement était … le SPORT …. Le jour dit, à l’heure dite, nous nous rendions dans la cour, nous allignions face à « Mademoiselle », qui, livret en main, nous décrivez le mouvement à exécuter, qu’elle s’appliquait elle-même à nous montrer … En particulier, … je me souviens, lorsqu’il s’agissait d’un lever de jambe notre Maîtresse appelait notre camarade Renée-Claude CANO … lui faisait lire puis exécuter le mouvement devant nous … et, ensemble, nous exécutions …
Mais en dehors de l’Ecole il se passaient d’autres choses en ce temps d’occupation du Pays par l’Armée Allemande. La guerre déjà bouleversait le commerce, cette occupation en ajoutait … elle était cause, entre autres, de privation dans bien des domaines ; le peu disponible allait en priorité à l’Armée occupante. Il fut donc mis en place un système de « Tickets d’alimentation » appelés « Tickets de rationnement ».
[Le système se présentait sous forme de feuilles de tickets de 1X1 cm, entourés d’une découpe prés-perforée, détachables et détaché en échange de la quantité de produit acheté. Sur chaque ticket était mentionné le nom du produit et la quantité autorisée
Ces feuillets étaient individuelles et mensuels .Le système était géré, je crois me souvenir (??) par les mairies.]
Il arrivait que le commerçant n’ai plus de marchandises à remettre en échange d’un ticket … je l’ai surtout vu en boulangerie : Par « le téléphone Breton » nous apprenions qu’il y avait du pain dans telle boulangerie … on s’y précipitait y avait déjà une longue queue … lorsque votre tour arrivait vous tendiez votre ticket … désolée, il ne reste plus rien vous confiez la dame derrière le comptoir …
Au début, à Kertugal, nous allions chercher œufs et lait à La Ferme des Fontaines ; … il n y accédait par un long chemin rectiligne qui ne doit plus exister ( ?)
[Ce chemin partait approximativement de la partie Sud de l’actuel Place Saint-Roch, (Pour moi, à hauteur de chez Célestine …)]
Une autre denrée se faisait rare : les chaussures … pénurie de cuir ! Quand on habite la Bretagne ce n’est pas un souci … Souvent, Mémère nous envoyait « au pain » à Tréveneuc. [La boulangerie se trouvait tout au début et à droite de la route descendant à Saint-Marc]. Là nous apprîmes l’existence proche d’un Sabotier. Et voilà que pour la première et seule fois de ma vie, je me chaussais sur mesure … je me suis rendu chez l’homme de l’art, … Comme ça sentais bon le bois ! … Choix d’un parallélépipède rectangle de cette matière au subtile parfum … mesure du pied, longueur, largeur, hauteur puis question sur d’éventuels particularités… et, « Reviens (tel) jour ! ».
Le jour dit, le morceau de bois, extérieurement ressemble grossièrement à un sabot, et à l’intérieur je peux entrer mon pied, j’y suis presque bien … les petits doigts de pieds me gêne un peu … « C’est bon ; reviens dans 3 jours ! ».
Ce troisième jour me voilà saboté … un vrai Breton ! … « Je t’ai laissé la place pour le chausson ». Un bien grand mot pour une si petite chose prévue pour garder les pieds couverts en intérieur quand les boutoucouettes sont laissés à la porte. Certains préfèrent rester en chaussettes … A l’école JOSEPHINE ne tolèrent pas cela.

Un matin, en nous rendant à l’école nous apprîmes que dans la nuit « des grands » avaient pris le bateau d’une Comtesse du Portrieux pour partir en ANGLETERRE … Grande animation dans la classe … les deux grands fréres de POPOL SALUN étaient dans le bateau qui voguait vers les Grands-bretons … ; Popol devint notre Héros …
Ah ! j’oublié … Chaque matin, et peut-être à 4 heures, avait lieu une distribution de biscuits vitaminés ; un chacun … Ces biscuits épais étaient conditionnés dans des grandes boites cubiques que Mademoiselle LE JUDEX stockait dans une armoire au fond de la classe. Chaque jour 2 élèves étaient de corvée de distribution.
Dans la crainte de bombardements, il fut demandé à tous les propriétaires de terrain d’y creuser des tranchées puis pour la protection anti-aérienne de les couvrir … Monsieur CHELVEDER qui possédait un jardin à une centaine de mètres de chez lui obtempéra. Nous les gamins, ça nous amusait …
[Le jardin en question se situait, en référence d’aujourd’hui, côté Ouest de la rue de Beaufeuillage à une centaines de mètres au Nord du carrefour avec le chemin de la nHorvais]

François Girauld Capitaine de la Légion Etrangère en retraite

« Les Souvenirs se ramassent à la pelle »… 2ème épisode

L’occupation de notre Pays est à l’origine de quelques activités extra-scolaires, bien que
toujours sous l’oeil bienveillant et vigilant de « JOSEPHINE » ; par exemple le ramassage
des doryphores : Cette année-là une vilaine bébête, le doryphore, faisait des dégâts dans les
champs de pommes-de-terre ; elles mangeaient allègrement les feuilles de nos tubercules
compromettant ainsi la récolte prochaine … D’où vint la décision ? Je ne sais … ce dont
je me souviens est que certains jours nous devions venir en classe muni d’un flacon
contenant dans son fond d’un peu d’eau de javel.

Ainsi équipés, JOSEPHINE en tête, nous partions vers un champ de « patates » probablement désigné. Sur place, notre mentor
attribuait à chacun un rang à traiter et, au signal, nous remontions notre rang faisant
passer chaque doryphore rencontré de feuillage à flacon javellisé … Combien de fois eut
lieu ce type d’opération ? Je ne m’en souviens plus … seule reste en ma mémoire notre
intervention dans le champ juste en face de la KOMMENDENTUR dans la montée vers Kertugal  (aujourd’hui rue Pierre Loti. La Konnandentur se située entre la barrière du « Tertre au Gas » et la rue du Manoir) … ce jour-là nous fîmes bien rire la sentinelle bon enfant de la dite
Kommandantur …
Autre exemple d’activité extra-scolaire (Quoique) sous la surveillance de notre Institutrice :
Nous étions en classe … soudain nous entendons frapper à la porte ; avant toute réaction
de Mademoiselle LE JUDEX, un Officier Allemand surgit dans la pièce … pas l’air content
l’Officier !… Il salue l’Institutrice, puis se tournant vers nous : « Nous avons trouvé,
écrit à la craie sur la voie publique un texte insultant l’Armée d’occupation ! », le
Français est remarquable, pas un soupçon d’accent … « Nous savons qu’ils sont élèves de
cette école, … j’attends qu’ils avouent ! ». Un silence lourd pèse sur la classe … chacun
observe l’autre … Je n’en mène pas large … je ne suis pas au courant de cette affaire et je
me demande, si j’étais dans le coup aurai-je le courage de lever le bras … L’Officier rompt
le silence et d’une voix appliquée … « « Les coupables restant inconnus, l’ensemble de la
cette classe va payer pour eux …

  Et là je m’adresse également à Madame la Directrice :                                                                                                                                                                                              Il sera remis à chaque élève un cahier de cent pages. Chaque jeudi matin (Le jour de repos du milieu
de semaine était alors le JEUDI) de 10h à 11h ou 12h vous viendrez en classe et sous la
surveillance de votre Directrice vous remplirez chacun, par la répétition, le cahier qui vous
sera remis avec la phrase suivante … Madame, veuillez la porter au tableau … :
« Je n’écrirai plus, où que cela soit, de texte insultant l’Armée Allemande » »
(Ne me souvenant pas de la phrase exacte, j’en donne ici l’esprit)
Sur le tableau noir, la trace laissée par la craie de JOSEPHINE me parait moins sûre qu’à
l’ordinaire … Toutefois je l’admire car face à l’Officier elle reste digne.
Puis l’officier d’un air ironique … « C’est ce que vous appelez faire des lignes … n’est pas…
? ». Et sans attendre une réponse il enchaine : «Votre directrice me remettra un
exemplaire de chacune de vos écritures habituelles. Dès le premier jeudi vous numéroterez de
1 à 100 les pages de votre cahier. A chaque fin de journée de « lignes » la Directrice
rangera les cahiers dans un meuble dont elle sera la seule détentrice de la clef … »
(. . . Ici également je transcris ce qui reste en ma mémoire des faits et des paroles qui m’avaient marqué)
Effectivement, nous avons dû venir en classe « ligne » trois ou quatre fois … j’ai
souvenance de la visite d’une patrouille lors de l’exécution de nos cents pages … même les
mouches volaient bas dans la classe. Pour finir nous ne terminâmes jamais nos lignes …
je ne me souviens pas de la façon dont la sanction fut levée.

François Girauld Capitaine de la Légion Étrangère en retraite

« Les Souvenirs se ramassent à la pelle » 1er Épisode

Les Souvenirs se ramassent
à la pelle …

1939 … 1945 … Un Gamin de Kertugal se souvient …
Famille LE GUILLARD/ GIRAULD.

Nous habitions dans le bas de Kertugal, dans un chemin sans nom (aujourd’hui croisement de la rue de beau-feuillage et du Chemin de la Horvais) avec comme unique voisin la famille CHELVEDER.
Mes parents tenaient un petit commerce à Bayeux dans le Calvados ; à la déclaration de la guerre « on » disait que les soldats allemands coupaient la main droite des petits garçons afin que plus tard ils ne puissent se servir d’une arme. (Référence aux atrocités commis par les Allemands en Belgique pendant la guerre de 1914-1918.). Mes parents décidèrent de me mettre à l’abri chez ma « Mémère Guillard » à Saint-Quay-Portrieux ; c’est ainsi que « je vécu la guerre » au Pays Breton …
Aujourd’hui, en 2016, 75 ans après il revient en ma mémoire … (dans un désordre chronologique) …
– Je me trouvais devant la villa « Ty Sioul », le silence, (à la rencontre du prolongement Est du Chemin de la Horvais et de la rue Pierre Loti), quand soudain, sur « la grand’ rue », venant de Saint-Quay je vis arriver une puissante moto avec side-car … sur le side, une arme type fusil-mitrailleur. Le conducteur et son équipier étaient casqués et vêtu avec élégance, d’un long imperméable couleur gris-vert et ceint à la taille par un ceinturon …, les premiers Allemands ! Ils avaient de la gueule, une gueule de vainqueur … Pour ça je les admirais, … pour ça je leur en voulais …. Je m’attendais à voir ces deux ennemis impressionnants suivis par d’autres éléments, … j’attendis … rien ne vint ! Ainsi ces deux motards Allemands allaient seuls, sûr d’eux, avec le calme de ceux qui osent …
– L’invasion allemande avait provoqué une venue de réfugiés en Bretagne … A Kertugal, face à cette augmentation d’effectif, la petite école et son unique institutrice, ne suffirent plus … Le remède ? Une tente (ou un baraquement) fut montée au début de la rue des Landes, immédiatement derrière le jardin des FREMIN, lui-même situé dans la partie Sud du carrefour rue Pierre Loti/rue des Landes. Les petits furent groupés dans cette installation provisoire, sous l’autorité souriante de Madame MERRIEN, … elle-même réfugiée !
Cette situation dura peu de temps et aussi vite que cela fut possible, tous prirent place dans l’école en dur aménagé en deux salles ; Madame MERRIEN avec ses petits dans l’une, dans la seconde, Mademoiselle Joséphine LE JUDEX prépare « les Grands » aux examens ; le Certificat d’Etude pour ceux qui souhaite arrêter là leurs études, et le Diplôme d’Etude Primaire Préparatoire, obligatoire pour accéder en 6èm.
C’est pour moi un grand plaisir de me remémorer quelques Noms de ceux avec lesquels je fus heureux sous la férule de « JOSEPHINE » (Appellation affectueuse de notre part). Je n’ai pas oublié, Françoise et Marie-Claire MOREL, Alberte BLIARD T, Dédée et Annick COLIN, Louise et Léonie LE HELIDU, Jeanine BEREZOWSKI, Renée-Claude CANO, Pierrette LOQUILLARD, Yvonne JOANNY… Riquet LE GUEN, Henri et Jean HERY, Guy TROUSSELARD, Jacky GONCALVEZ, Michel FREMIN, Popol SALAUN, Pipi COZIC, ? EOUZAN, Jean LAIDIER, Joël MERRIEN …                                                                                  Certains visages me restent familiers … mais le nom … Non !

François Girauld Capitaine de la Légion Étrangère en retraite

La stèle du Viking

20170301_141057dsc001581La stèle en hommage aux jeunes hommes du Viking sera déplacée dans cet endroit face à la mer. Les ouvriers du service technique de la commune s’affairent pour embellir l’emplacement de ce monument. C’est un travail remarquable. Les cérémonies en hommage à ces jeunes qui ont connus le pire pourront se dérouler dans cet endroit paisible et sécurisé.

 

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Orateurs de la France Libre…Ambroise Got

 

Dimanche 11 janvier. Dans une ruelle de Portrieux je suis accosté par Mme Maître fèvre.

Mme Maître fèvre. – Avez-vous écouté hier au soir l’émission de la France libre ?

  1. Loth-Heur. – M. Pathétique était assommant, alors j’ai tourné le bouton.

Mme Maître fèvre. – Qui appelez-vous M. Pathétique ?

  1. Loth-Heur. – C’est le porte-parole anonyme des Forces françaises libres. Il est doté d’un bel instrument vocal. Malheureusement il fait vibrer ses cordes sans discernement, adoptant le même ton tragique, usant des mêmes trémolos pour les commentaires insignifiants, les propos puérils et les questions sérieuses, les évènements angoissants ou palpitants. C’est  le grand artiste du bourrage de crâne. Il excelle à donner une ampleur démesurée à des broutilles, ou à soulever des lièvres, voire des tigres, là où il n’y a que des souris.

Mme Maître fèvre. – Vous avez eu tort de fermer prématurément le robinet des ondes, car la « physionomie de la journée » par Pierre Bourdan était, comme à l’accoutumée, fort intéressante. Il a cité un article de Goebbels qui a paru dans le Reich et s’intitule « Les trahisons de l’Europe par l’Angleterre ».

  1. Loth-Heur. – Je devine de quoi il retourne : certainement de l’alliance qui existe depuis six mois entre la Grande-Bretagne et le bolchevisme, alliance qui a été stimulée par la visite d’Eden à Moscou. Pierre Bourdan est un orateur plein de vie et de verve. Il a un vocabulaire imagé et truculent. J’aime ses commentaires autant que ceux de son confrère Jean Marin qui sont plus sobres et donnent peut-être une note plus juste, plus impartiale de la situation.

ADCA, 105 J 3, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 20, 11 janvier 1942 (extrait).

Shelburn…

Hier, le tournage des dernières scènes du film de Nicolas Guillou sur l’histoire du réseau Shelburn, ce réseau d’évasion d’aviateurs au départ de Plouha, a replongé Guingamp et son château dans l’époque de l’Occupation. Un moment fort pour Pierrot Mortellec, 84 ans, de Bourbriac, qui est allé au contact du comédien jouant le rôle de son ami défunt, l’ancien résistant Adolphe Le Trocquer.

« Silence, on tourne ! » 11 h 33, hier, au pied du château de Pierre II. Après une salve de répétitions sous un ciel peu engageant, le réalisateur Nicolas Guillou lance, pour de bon, les hostilités. Calot sur le crâne et la semelle cloutée, quatre soldats de la Wehrmacht battent le pavé flambant neuf du Petit Vally. Les feldgraus descendent des remparts et croisent deux jeunes femmes qui remontent, elles, en direction de la basilique. Dans le champ de la caméra, un cycliste pédale. Le chauffeur du bus Citroën U 23 stationné sur l’ancienne place des Petits Cochons lâche, lui, le volant pour inspecter le moteur…

Scène historique


Une scène quasi ordinaire de la vie guingampaise sous l’Occupation. Quasi, car dans quelques prises, Bernard Granger et Rodolfo Do Alto Gutierrez vont entrer à leur tour dans le bal. Les deux comédiens vont jouer la rencontre historique entre deux figures du réseau Shelburn. Celle entre Adolphe Le Trocquer, instituteur à Pludual et principal responsable du Front National (*) sur le département, et le Guingampais Mathurin Branchoux, de Libération Nord. Moment phare du tournage où le premier va annoncer au second le nombre de « colis », c’est-à-dire d’aviateurs, qu’il va devoir faire passer en Angleterre, via Plouha…

« Adolphe, c’était mon ami »


En face, sur les hauteurs du Vally, une cinquantaine de curieux ne perdent pas une miette de la reconstitution exigeant un silence religieux. Rejoignant la quarantaine de figurants et l’équipe de tournage, un spectateur vit la scène avec une rare intensité. « Réentendre le nom d’Adolphe me met un coup au coeur » esquisse Pierre Mortellec, 84 printemps, portant la main à la poitrine. Installé à Bourbriac, le gendarme retraité qui, pendant cinq ans, a été motard du « Grand Charles (De Gaulle) » sait bien que son regard embué croise celui d’un comédien, et non celui de l’authentique résistant aujourd’hui disparu. Mais quand même ! « Adolphe, c’était mon ami. On allait à la chasse ensemble, à Tréglamus. Plusieurs fois, il m’a raconté l’histoire du réseau. Je la connaissais de A à Z… »

« Plus dans la fiction »


Né en 1933, « Pierrot » Mortellec n’a, bien sûr, pas fait partie de la Résistance. « Je n’avais que 11 ans, à l’époque. Adolphe, lui, 25… » Mais le fils de boulanger de Pommerit-Le-Vicomte se souvient très bien « du garage de François Kerambrun qui convoyait les aviateurs jusqu’a Plouha avec sa camionnette ».

Il se souvient aussi « des cigarettes que les soldats échangeaient avec mon père » et, par-dessus tout, du timbre inquiétant des « side-cars allemands ». Alors que les prises, parfois polluées par la circulation, rue du Grand-Trottrieux, se multiplient, Bernard Granger et Rodollfo Do Alto Guttierrez profitent du répit qui leur est accordé pour faire plus ample connaissance avec l’incroyable spectateur du jour. D’échanges en confidences, Rodolfo comprend que « Pierrot » a très bien connu ses propres parents ! La petite histoire qui tutoie la grande : trop singulier pour être du cinéma ! Bernard Granger, lui, est aux anges. « J’avais déjà croisé un ancien élève de Le Troquer. C’est toujours enrichissant pour le jeu d’acteur d’en savoir un peu plus sur les personnes que l’on incarne devant la caméra. Mais là, cet échange avec Pierre, c’est impressionnant. On n’est plus dans la fiction » glisse Bernard Granger. Certifiés pareillement authentiques, les costumes défilent pendant ce temps devant la caméra de Nicolas Guillou qui aborde, serein, la 13e et dernière prise de la matinée. « Les marquages de stationnement au sol, ce n’est pas grave, on les effacera au montage » renseigne un technicien, guère inquiet par les détails du décor trahissant l’époque contemporaine.

Une pro de la figuration !


Passionnés de vieilles mécaniques et sollicités à ce titre, Yannick Soueve et Jean-Luc Gouezigoux, de la région briochine, ne voient pas trop le temps passer au contact des chromes rutilants de leurs vénérables Peugeot 301 et Renault Monaquatre de 1935, réquisitionnées pour le tournage. Une qui ne se plaint pas davantage des scènes à rejouer, c’est Mireille Paranthoën. Tout sourire, bibi sur la tête, la demandeuse d’emploi de Lannion en est à son « quatrième film ». Le virus du cinéma, elle l’a attrapé « par hasard », dit-elle. Depuis, elle a tourné avec Virginie Efira, Géraldine Nakache, Mimi Mathy, Thierry Godard… Une vraie pro de la figuration !


12 h 35. Un « À table ! » fend l’air et marque la fin de la première partie de tournage. Rush à la baraque à pizzas pour Loïs, Carla, Noah et Dorian, âgés de 8 à 12 ans, contents de leurs premiers pas au cinéma. Derrière les têtes blondes, les soldats allemands claquent encore des bottes. L’estomac dans les talons ! Bernard, Rodolfo et Pierrot, eux, rejoignent Nicolas Guillou. Inutile de dire qu’ils vont profiter de la pause déjeuner pour se refaire le film de la matinée et le fil de l’Histoire ! * Mouvement de la Résistance intérieure française créé par le Parti communiste français.

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par stquaypx Posté dans Divers

La consigne du général de Gaulle pour la fête de Jeanne d’Arc

contemporaine_afb_jeanne_d_arcMme Loth-Heur. – Nous sommes fatigués d’écouter la radio, même celle de Londres. Après une crise aiguë de radiotite [sic] ou de radiomanie [sic], mon mari et moi avons réduit les auditions au minimum. Nous prêtons tout juste l’oreille aux informations de Radio-Londres, puis nous tournons le bouton pour aller nous coucher.

Loth-Harry. – Alors vous ne connaissez pas la consigne du général de Gaulle pour le onze Mai, fête de Jeanne d’Arc.

Mme Loth-Heur. – Vaguement, encore que l’on nous en ait rabattu les oreilles : il s’agit, je crois, de déambuler une heure durant dans les promenades publiques, en observant un silence absolu et en se regardant droit dans les yeux, d’un air plein de sous-entendus. Tout cela me semble puéril et je crois que mon mari et moi nous abstiendrons de participer à cette mascarade.

Loth-Harry. – Vous auriez grand tort et cela pour deux raisons : la première est que les intellectuels doivent prêcher d’exemple, donner aux masses l’épaulement dont elles ont besoin, la deuxième c’est qu’il faut prouver aux Boches que nous adhérons tous au mouvement gaulliste. Vous n’avez pas idée comme le seul nom de de Gaulle fait enrager les Allemands, témoin leurs récentes mesures de représailles. C’est leur bête noire. Il faut donc que vous preniez part à la démonstration de dimanche.

Mme Loth-Heur. – Vous m’avez convaincu et je crois que je n’aurai pas de peine à persuader mon mari.

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 13, 7 mai 1941 (extrait).

Manifestation clairsemée à St-Quay à l’appel du général de Gaulle

Lundi 12 mai. Hier après-midi, par un soleil resplendissant, sur le coup de trois heures, nous sommes sortis de chez nous pour participer à la manifestation silencieuse ordonnée par le général de Gaulle. Au début les rues étaient presque désertes : les vêpres, la pêche aux îles, autorisée par la Kommandantur et le cinéma ont porté préjudice au défilé de l’union nationale. Il faut bien ajouter que le bourgeois français répugne à s’exhiber. Il n’est pas comme l’Allemand moutonnier, qui raffole des démonstrations collectives et aime à extérioriser ses sentiments sur commandement. Le Français est individualiste et casanier. Dans sa conduite il s’inspire du dicton : « Pour être heureux, vivons cachés ». Il ressent une sorte de pudeur, de fausse honte à étaler ses convictions sur la voie publique. Par surcroît le général de Gaulle réclamait des manifestants une tâche impossible : l’observation d’un silence absolu. Cela témoigne d’une méconnaissance totale de la nature des descendants des Gaulois. Le Français est disert et bavard. Il s’écoute volontiers parler. Il est incapable de se taire…

Derrière sa vitrine Mme Mesure pointe et repointe les visages connus. Demain elle pourra alimenter la gazette de son époux.  Dans le square de Portrieux la mareyeuse Titine, recroquevillée sur une chaise, lorgne les promeneurs d’un petit air mystérieux : « Nous les aurons un jour » semble-t-elle dire.

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 13, 12 mai 1941 (extrait).

Anne Ropers

Il y a déjà quelques mois que j’ai fait un article concernant cette dame, elle m’avait accordé de son temps pour me raconter son histoire et je l’en remercie encore.
Ce personnage a été de de ceux qui ont œuvré et qui ont tout risqué pour la paix. Durant la seconde guerre certains n’en sont pas revenus et d’autres ont soufferts terriblement, comme d’autres qui ont eu plus de chance comme les résistants du réseau Shelburn. Une très bonne organisation sérieuse a fait que ce réseau n’a eu à déplorer aucune victime. Pendant cette triste période très peu de réseaux se sont trouvés dans ce cas et c’est une bonne chose il n’y a eu que trop de victimes. Cependant il s’en ai fallu de peu pour que ce groupe connaisse les pires atrocités. L’armée allemande était sur le point de faire une grande rafle.
Longtemps passé sous silence le réseau Oaktree de Saint-Quay-Portrieux a eu malheureusement des victimes, des déportés qui ont connu le pire. Souvenons-nous de ce réseau d’évasion, créé par Val William et Raymond Labrosse, deux agents canadiens parachutés en mars 1943. Avec l’aide de la Résistance, ce réseau permit à pas moins de 175 aviateurs alliés de relier l’Angleterre ou l’Espagne.
Des événements tragiques, notamment l’échec du Plan Bonaparte à Saint-Quay-Portrieux, mirent fin à ces opérations. Le réseau Sainte-Beuve, via l’Espagne, prit alors notamment le relais.
Sans ces partisans du réseau Oaktree, pour la plupart torturés, déportés ou assassinés, le célèbre réseau SHELBURN n’aurait pas existé.

Nous ne remercierons jamais assez tous ces gens qui ont donné leur vie pour notre liberté qu’ils soient de Bretagne ou d’ailleurs…

Et pendant cette période  ce n’était pas de la figuration ni un film de fiction.

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France, 1945  » CHARLES DE GAULLE « 

Cette médaille m’a été remise par une habitante de la commune, qui elle même l’a eu en héritage de son grand père

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Avers :  Profil gauche de Charles de Gaulle s’inscrivant dans une cocarde.

Revers :  Sous une croix de Lorraine, une phrase de l’appel du 18 juin 1940 adressée aux Français depuis Londres : LA FRANCE A PERDU UNE BATAILLE, MAIS LA FRANCE N’A PAS PERDU LA GUERRE. En légende : PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.

Le 18 juin, de Gaulle se prépare à parler au peuple français via Radio Londres de la BBC. Ce jour-là, il appelle les Français à la résistance depuis sa retraite en Angleterre. Le cabinet britannique tente de s’y opposer, mais Winston Churchill le soutient. Depuis la France, l’Appel du 18 Juin put être entendu à 19 heures. De ce jour, ce texte demeure l’une des plus célèbres allocutions de l’Histoire de France.

Le gouvernement britannique avait au préalable proposé au ministre français de l’Intérieur Georges Mandel de passer au Royaume-Uni et de lancer lui-même un appel. Mandel s’était, par ses avertissements répétés contre les menaces du IIIe Reich (et en opposition à ce sujet avec son ami le président du Conseil Léon Blum), signalé comme un homme d’État et de caractère. Mais il refusa de quitter la France pour ne pas prêter le flanc à une critique de désertion qui aurait aussitôt été exploitée (il était juif).

On sait aujourd’hui que tout au long de la journée du 18 juin, le conseil des ministres britannique a discuté du texte de De Gaulle. Les anciens munichois, derrière le ministre des Affaires étrangères Lord Halifax, veulent encore ménager le gouvernement Pétain et attendre de voir s’il va effectivement signer l’Armistice. Winston Churchill, vieux partisan de la fermeté contre Hitler et de la poursuite de la lutte, doit mettre son autorité dans la balance. De Gaulle put finalement prononcer son texte, mais dut accepter d’en modifier les deux premières lignes dans un sens moins dur pour le gouvernement français. Cette modification longtemps occultée disparut dans le texte transmis à la presse, puis dans les Mémoires de De Gaulle.

18 juin 1940, premier discours radiophonique du général de Gaulle allumant la flamme de la résistance française. La France métropolitaine se trouvant partiellement occupée, c’est de l’étranger et sur les terres d’Empire que se poursuit le combat, aux côtés des Alliés. De Londres où il s’établit, de Gaulle acquiert rapidement la reconnaissance de W. Churchill qui voit en lui le «Chef des Français Libres».

Son premier combat sera radiophonique et à travers ses discours quasi quotidiens à la radio de Londres, il s’emploie aux ralliements des gouverneurs et pro-consuls des colonies françaises : Tahiti répond la première à son appel le 2 août 40, suivie dans le même mois du Tchad, du Cameroun, du Congo, de l’Oubangui. Le 27 octobre, de Gaulle crée le Conseil de Défense de l’Empire consacrant ces différents ralliements. Fin 40, seuls l’Afrique du nord et le Levant restent sous contrôle de Vichy. En mars 1941, de Gaulle quitte Londres pour l’Afrique où commencent pour lui d’innombrables escales donnant lieu à l’inspection de troupes et à des entretiens diplomatiques confortant ainsi sa position de chef dans la Résistance Française auprès des Alliés. De Gaulle prend conscience que la reconquête de la France ne sera pas seulement l’œuvre d’une force militaire extérieure mais aussi de ces mouvements de résistance intérieure avec lesquels il commence à prendre contact par l’intermédiaire de Jean Moulin. En septembre 41, il crée le Comité National Français organisant les pouvoirs publics de la France Libre qu’il s’attachera à faire reconnaître par les Alliés et les Russes. Le 8 novembre 1942, c’est le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord. Après de longues discussions, une co-présidence s’établit pour le Comité Français de la Libération Nationale entre le général Giraud représentant du Maréchal Pétain et le général de Gaulle qui s’imposera rapidement comme le seul chef de cet embryon de gouvernement soutenu par la reconnaissance exclusive des mouvements de résistance intérieure. La résistance s’intensifie sur le territoire français et devant l’imminence du débarquement allié en Normandie, le général de Gaulle transforme le CFLN en Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) qui aura pour tâche de représenter la souveraineté nationale des territoires libérés en France.

Le 6 juin 1944, c’est le débarquement allié et le 14, le général de Gaulle pose le pied sur le sol français. Le 25 août, l’armée allemande capitule à Paris et le 26 le général de Gaulle fait son entrée dans la capitale, acclamé par les Parisiens. Président du Gouvernement provisoire, il s’attache à faire renaître l’ordre dans les provinces françaises. Il sera officiellement reconnu dans ses fonctions par les Alliés le 24 octobre 1944. Après la capitulation sans condition de l’Allemagne le 8 mai 1945, le général de Gaulle s’attache à rendre à la France sa position sur l’échiquier international, à restaurer l’unité intérieure, à bâtir de nouvelles bases institutionnelles au gouvernement français.

La Résistance Quinocéenne… M. LABBE Albert

LABBE Albert, Joseph. Né le 22.06.1906 à St Quay Portrieux (22). Célibataire. Domicilié à Poissy (78) où il exerce la profession de tourneur. Résistant, il est arrêté à Poissy le 11.11.1943 par la Gestapo. Interrogé et incarcéré successivement à  Maisons-Laffitte, Cherche-midi et transféré à Compiègne (60). Le jeudi 6.04.1944, 1489 hommes, dont Albert LABBE, quittent vers 7 heures du matin le camp de Royallieu de Compiègne,    à pied, en colonnelabbe-alberts par 5. Ils traversent la ville de Compiègne, soigneusement encadrés ; vers 8 heures, ils arrivent à la gare de Compiègne où un train constitué d’une douzaine     de wagons à bestiaux les attend. Sur le quai, un groupe d’une centaine de détenus est formé devant chaque wagon, puis les Allemands les forcent à grimper dedans. Vers 10 heures, le train quitte la gare de Compiègne à destination du camp de concentration de Mauthausen en Autriche. A Reims, il reste en gare près de 3 heures, les détenus en profitent pour écrire de courts messages qu’ils laissent tomber sur la voie par les interstices. Les cheminots les feront parvenir aux familles. A Novéant (57) dans la nuit  du 6 au 7 avril, suite à 5 évasions réussies, tous les Déportés sont éjectés des wagons et doivent se mettre nus. Tous les vêtements sont confisqués et entassés dans des wagons vidés de leurs occupants. Le convoi repart à raison de 120 Déportés par wagons, passant à Metz, Ludwigshaven, Nuremberg, Regensburg, Passau, Linz et « enfin » Mauthausen.  Le voyage a duré 3 jours et 2 nuits dans des conditions très pénibles, entassés les uns contre et sous les autres, sans eau ni nourriture, dans le froid. Le 8 avril, vers 17 heures, le train arrive en gare de Mauthausen, accueillis par les S.S. et leurs chiens, les Déportés doivent retrouver leurs vêtements jetés sur le quai et s’habiller en hâte sous les coups. Puis, mis en colonnes par 5, ils sont encadrés vers le camp de concentration de Mauthausen, après avoir traversé l’agglomération de Mauthausen – Peut-on croire que la population ignorait l’existence des camps ? – Un véhicule est venu chercher les morts du convoi et les invalides.

L’arrivée au camp a lieu vers 19 heures. Dans une cour, ils passent un à un devant un SS      à qui ils doivent remettre bijoux, bagues, montres et stylos, puis ils doivent se dévêtir et mettre leurs vêtements sur des tas de chemises, pantalons, vestes, etc… En route pour les douches (rasage de la tête aux pieds, passage au crésyl, douche où l’eau chaude est alternée avec l’eau froide, remise d’une tenue). Albert LABBE devient le matricule 62618. Par paquets de 20, ils vont au bloc de quarantaine. Albert LABBE est ensuite transféré  à Hartheim où il est assassiné par gazage le 17.08.1944 à l’âge de 38 ans. Sur les 1489 hommes formant ce convoi au départ de Compiègne le 6.04.1944, 763 sont morts ou disparus en camps de concentration nazis dont 122 assassinés par gazage à Hartheim (dépendant de Mauthausen), et pour 54 autres Déportés, la situation n’est toujours pas connue en 2013. (Sources 4, 10, 17, 34, 39, archives allemandes)

Le maire Sala-Malec coupable d’avoir diffusé un poème satirique (Ambroise Got)

 

Voici Mesure qui, lui aussi, par cette triste matinée pascale, est venue respirer la brise du large et humer la marée fraîche.

  1. Loth-Heur. – Eh bien, M. Mesure, notre maire est-il toujours dans les fers ?

Mesure. – Il y est même pour quelque temps.

  1. Loth-Heur. – En savez-vous aujourd’hui la raison ?

Mesure. – Parfaitement, je sais tout le fond de l’histoire et suis en mesure de vous renseigner. Dans l’interrègne, avant sa nomination de maire, M. de Sala-Malec a commis une grosse imprudence, mieux une sottise : contre l’avis de son collègue Toussa-Rondy, Albert – c’est son prénom – a fait taper à la mairie par la dactylo, à cinquante ou cent exemplaires, une parodie du régime naziste [sic], que vous connaissez sans doute. Lorsqu’on lit normalement le poème – qui n’a rien de transcendant – c’est un éloge de Hitler, toutefois si l’on plie la feuille en deux à l’endroit voulu on obtient un résultat diamétralement opposé : Hitler et son gouvernement sont vilipendés tandis que l’Angleterre et Churchill sont portés aux nues. Un exemplaire est tombé aux mains des Boches, qui ont examiné le papier, la frappe, et ont cru reconnaître que la feuille provenait de la mairie. Ils se sont livrés à une enquête, qui a abouti à l’arrestation de Sala-Malec. Celui-ci a rué comme un beau diable. Les Allemands ont appréhendé la dactylo et Toussa-Rondy. La Gestapo plaidant le faux pour savoir le vrai, habilement cuisinée, la première aurait avoué. Bref, au cours d’une confrontation des trois personnes, le pot aux roses a été découvert. L’innocence de Toussa-Rondy, qui s’était opposé à la tape, et celle de la dactylo, qui n’avait agi que sur l’ordre de son chef, ayant été reconnues, ils ont été élargis incontinent, tandis que le pauvre Sala a de nouveau été écroué.     ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 12, 14 avril 1941 (extrait)

Surprise…

Un garçon a remarqué quelque chose dans le lac … personne ne s’attendait à une telle découverte

La Seconde Guerre mondiale a été le conflit armé le plus sanglant d’Europe. Des restes datant de cette période sont encore trouvés aujourd’hui, ce qui est un rappel de l’échelle et de la portée du conflit. Un petit garçon de l’Estonie a eu la chance de trouver l’une des reliques des années 1939-1945.

Un jeune enfant se promenait à proximité d’un petit lac – Matasjarv (province orientale de Viru, Estonie), quand il a remarqué quelque chose d’étrange. Dans un endroit, un large fossé est apparu dans le lac, mais il n’y avait pas de route ou de chemin. Le jeune, curieux, de la façon dont l’écart dans le sol s’est formé, a partagé sa découverte avec les adultes. Ils sont allés sur place pour enquêter. En fait, le lac contenait une relique de la guerre, qui quand il a glissé dans l’eau, a laissé une marque importante.

Les habitants des villages voisins curieux ont essayé de découvrir ce qui se trouvait au fond du lac par eux-mêmes.

La découverte s’est avérée si grande qu’ils en ont informé les autorités.
Pour savoir ce qui se trouvait dans l’eau, du matériel spécialisé a dû être loué.

 

La Résistance Quinocéenne… M. GUILLOU Louis

GUILLOU Louis, Joseph, Jean, né le 30.03.1925 à St Quay Portrieux (22). Employé de Mairie à la ville de St Quay Portrieux où il réside rue du Commerce. Célibataire. Sur dénonciation, il est arrêté le 8.05.1944 à St Quay Portrieux. Il fournissait des faux papiers d’identité à la Résistance. Interrogé et incarcéré à St Brieuc et transféré à Rennes. Alors que les Américains investissent et libèrent Rennes le 4.08.1944, les prisons de Rennes sont évacuées par les Allemands le 2.08.1944 au départ de Courouze (à Rennes) et le3.08.1944 au départ de la Prévalaye (à Rennes) à destination de l’Allemagne.Plusieurs centaguillou-louisines de Résistants dont Louis GUILLOU sont rassemblés et embarqués dans des wagons à bestiaux accrochés à un train qui va parcourir la France d’Ouest en Est. A partir du mois d’août 1944, l’occupant ne peut plus utiliser Paris, ni Compiègne, ni Drancy comme centre de regroupement vers la Déportation. Les nazis vont donc maintenant déporter directement vers l’Allemagne, Belfort devenant un lieu de transit vers un camp de concentration ou une prison. Après avoir quitté Rennes et avant Nantes où des prisonniers arrêtés en Loire Inférieure sont embarqués, un 1er groupe tente l’évasion à St Mars du Désert (44) : 14 réussissent, 4 sont repris et fusillés le lendemain. A Langeais (37), le convoi est immobilisé, le pont franchissant la Loire étant détruit. Les Allemands sortent du train pour se concerter.

Trois avions de chasse anglais apercevant les uniformes allemands croient à un convoi militaire et le mitraillent. Profitant de la panique, 53 personnes au moins s’enfuient. D’autres évasions ont lieu à Ancenis, St Pierre des Corps, Tours et Dijon. Le trajet reprend, le train arrive à Belfort le 15.08.1944 où l’ensemble des détenus est interné au Fort Hatry. Un groupe quitte Belfort le 29.08.19444 à destination de Neuengamme avec 721 hommes provenant entre autres des Côtes du Nord, du Finistère, d’Ille et Vilaine, du Morbihan et de la Loire Inférieure. Le 31.08.1944, le convoi entre en gare d’Hamburg, dans des ruines provoquées par les bombardements alliés. Arrivé au camp, Louis GUILLOU devient le matricule 43796. Il n’est pas transféré. Les coups, la sous-alimentation, les corvées, les longs appels dans le froid et la pluie auront raison de sa résistance. Epuisé, et affamé, Louis GUILLOU décède le 10.02.1945 à l’âge de 20 ans. Sur les 721 Déportés formant ce convoi au départ de Belfort, 502 sont morts ou disparus en camps de concentration nazis ou pendant les évacuations et pour 26 autres Déportés, la situation n’est toujours pas connue en 2013.

(Sources 1, 4, 6, 9, 17, 39, renseignements complémentaires communiqués par son cousin Gabriel BURLOT de St Brieuc)

Manifestation clairsemée à St-Quay à l’appel du général de Gaulle

250px-De_Gaulle-OWI Lundi 12 mai. Hier après-midi, par un soleil resplendissant, sur le coup de trois heures, nous sommes sortis de chez nous pour participer à la manifestation silencieuse ordonnée par le général de Gaulle. Au début les rues étaient presque désertes : les vêpres, la pêche aux îles, autorisée par la Kommandantur et le cinéma ont porté préjudice au défilé de l’union nationale. Il faut bien ajouter que le bourgeois français répugne à s’exhiber. Il n’est pas comme l’Allemand moutonnier, qui raffole des démonstrations collectives et aime à extérioriser ses sentiments sur commandement. Le Français est individualiste et casanier. Dans sa conduite il s’inspire du dicton : « Pour être heureux, vivons cachés ». Il ressent une sorte de pudeur, de fausse honte à étaler ses convictions sur la voie publique. Par surcroît le général de Gaulle réclamait des manifestants une tâche impossible : l’observation d’un silence absolu. Cela témoigne d’une méconnaissance totale de la nature des descendants des Gaulois. Le Français est disert et bavard. Il s’écoute volontiers parler. Il est incapable de se taire…

Derrière sa vitrine Mme Mesure pointe et repointe les visages connus. Demain elle pourra alimenter la gazette de son époux.  Dans le square de Portrieux la mareyeuse Titine, recroquevillée sur une chaise, lorgne les promeneurs d’un petit air mystérieux : « Nous les aurons un jour » semble-t-elle dire.

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 13, 12 mai 1941 (extrait) (almrd).

 

Exposition 14 / 18

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Dans le cadre du centenaire de la première guerre mondiale 14/18 la mairie de Saint-Quay-Portrieux organise une exposition au Centre de Congrès du 5 novembre au 11 novembre.

Le thème sera la bataille de Verdun et celle de la somme

C’est pourquoi nous recherchons :

Documents , photos , objets de vie du soldat, courriers, uniformes, casques , etc…

Si des collectionneurs privés seraient prêteurs pour alimenter cette exposition, ne pas hésiter à me contacter au 06.62.34.30.19 /02.96.70.31.49

                                                                              Email : anbpmm@hotmail.com

VILLENEUVE Jean-François

                                                                                            2 Bd Tristan Corbière 22410

                                                                                             Saint-Quay-Portrieux

                                                                                             Conseiller municipal

Ambroise Got dénonce les pillards du marché noir de la ligne Paris-Brest

Ambroise Got, journaliste et homme de lettres, écrivit de 1940 à 1945 un journal de 122 cahiers. Il mêle dans son récit la perception des faits internationaux et nationaux comme les réactions des populations locales, en particulier celle de Saint-Quay-Portrieux.

 » Le pillard, chaque semaine, nous arrive de Paris. Il ne voyage pas en troisième classe mais le plus souvent en seconde ou en première, circule gratuitement et pour une place assise envahit de ses valises tout un compartiment. Il descend généralement à Guingamp qui est la première station bretonne de zone non interdite, se répand ensuite dans les campagnes, paie son beurre cent francs ou cent cinquante francs la livre, rafle nos œufs et notre lard, prend enfin le rapide du soir avec les précieuses dépouilles de son ravitaillement volé : le pillard est un employé parisien de la S.N.C.F. qui considère le marché noir comme un avantage naturel de son métier.

Nous serions pleins d’indulgence s’il n’était question que d’un approvisionnement familial mais les quantités enlevées et les tarifs pratiqués prouvent qu’il s’agit d’un révoltant trafic dont la population bretonne fait quotidiennement les frais. On peut dire que sur la ligne Paris-Brest une centaine de pillards, traînant quatre cents valises, emportent à chaque voyage plus de dix tonnes de nos produits : opération qui se renouvelle évidemment sur Paris-Quimper et sur nos lignes intérieures ; opération qui dure depuis trois ans sans qu’un seul gendarme ait jamais songé à bloquer dans nos gares ces véritables forbans… »

ADCA, 105 J 7, Extrait du « Journal d’Ambroise Got », cité dans Année 1914- Année 1944, Les Côtes d’Armor au temps de la mobilisation et de la Libération, Service éducatif ADCA, 2004,ALMRD 22.

La batterie de Plounez

Une des plus grosses batteries de la côte Nord

Le site fut en effet ni plus ni moins qu’une des plus grosses batteries de la côte Nord de la Bretagne, destinée à surveiller la navigation dans la baie de Saint-Brieuc et à empêcher un débarquement allié. Il faut imaginer en pleine guerre ces quatre grands cercles de bétons (l’un d’entre eux a été détruit pour construire la route actuelle), de 40 m de diamètre, recouverts de filets de camouflages. Ils abritaient des canons de 86 tonnes, acheminés par deux voies de chemin de fer dont on voit encore la trace des rails au sol. « Ils lançaient des obus de 120 kg et avaient 35 km de portée », précise Jean Jacob. L’ancien président de l’association Bevan e PLOUNEZ est intarissable sur les vestiges de ce grand camp militaire. Il faut dire qu’avec ses troupes, il a grandement œuvré à sa « renaissance » grâce à des séances de débroussaillage de longue haleine (deux ans) pour dégager les cuves de béton des ronciers et arbres enchevêtrés, rejoints ensuite dans leur tâche par les services municipaux.
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/paimpol/histoire-les-batteries-de-plounez-a-decouvrir-05-08-2014-10286580.php#vAwlm48t8tWlZcec.99

 

La Résistance Quinocéenne M. Eugène CORNALY…

Un complément sur Eugène Cornaly à l’article déjà paru.

Eugene CornalyEugène CORNALY est transféré le 21.04.1944 à Gusen (kommando de Mauthausen) en qualité d’électricien.

Eugène CORNALY y décède le 2.12.1944 à l’âge de 25 ans. Sur les 1489 hommes qui formaient ce convoi au départ de Compiègne le 6.04.1944, 763 sont morts ou disparus en camps de concentration nazis dont 122 assassinés par gazage à Hartheim (dépendant de Mauthausen), et pour 54 autres Déportés la situation n’est toujours pas connue en 2013

 

Eugène CORNALY

Merci à M MEURIC , son cousin pour la photo prise avant la guerre.

Saint-Brieuc : conférence du PPF et projection du « Juif Suss » (septembre 1942)

Le Comité départemental du P.P.F. des Côtes-du-Nord organisait lundi soir, au cinéma des Promenades, une conférence anti-juive, et la projection du film : Le Juif Suss.

numérisation0008M. Yann Corlouër, chef départemental du P.P.F. recevait les invités. La police de la salle était assurée par les jeunes du parti en uniforme.

Sur l’estrade, les insignes du P.P.F. et le drapeau tricolore, avec l’inscription suivante : « Tant que le Juif monte, la France descend, et tant que le Juif descend, la France monte. »

Après l’audition de la marche France ! Libère-toi ! M. Yann Corlouër prend la parole pour remercier les assistants, flétrir les Juifs et les maçons, présenter le programme du P.P.F. et se déclarer partisan de la France nouvelle, comme le congrès de Paris va le souligner davantage. Le P.P.F. veut collaborer avec l’Europe Nouvelle pour que vive la France.

M. Charles Bernard, délégué du P.P.F. dans le Finistère, prend place sur l’estrade pour parler de la lutte contre les juifs et de l’utilité de combattre cette race abjecte. Il commente d’abord le film Le Juif Suss, film remarquable, inspiré par une histoire véridique, montrant la volonté de souiller tout ce qui est aryen. La juiverie a toujours provoqué les troubles, avec bassesse, dans les nations assez faibles pour les supporter. On voit d’ailleurs dans ce film la présence dissolvante d’un juif qui s’est infiltré dans le palais d’un roi pour mieux s’emparer du peuple.

M. Bernard, ancien du 71e combattant des deux guerres contre les Allemands, mobilisé au 318e d’artillerie en 1939, a vu peu de juifs sur le champ de bataille, mais, par contre, il les a vus embusqués, dirigeant l’arrière à leur guise. Les régiments bretons et vendéens n’ont pas heureusement été « pourris » par les juifs. Ils n’en voulaient pas et c’est ce qui a fait le juif Max Dormoy dire un jour à la Chambre des députés que les Juifs valaient bien les Bretons.

Il flétrit le péril juif comme la maçonnerie, appuyée par le gaullisme et le bolchevisme, responsables des fusillades. Ce sont ces gens-là qui poussent nos jeunes à se révolter contre le vainqueur, et ce sont des Français qui sont fusillés selon la loi martiale.

Il faut donc chasser le juif ; partout il faut la Révolution Nationale ; il faut nettoyer le pays, servir l’Europe Nouvelle pour arriver à la paix et pour que la France vive, la France du maréchal Pétain.

Et l’on passe la projection du film qui soulève de vifs applaudissements.

Source : ADCA, 1043 W 37, Article du journal Ouest-Eclair, 23 septembre 1942. Almrd   numérisation0009 numérisation0010numérisation0012 numérisation0011

Le 6 juin 2016

Le camp Arizona à Carentan

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Le camp Géronimo à Ste Mère Eglise

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Courseulles sur mer / Arromanches les bains / Omaha / La Pointe du Hoc

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par stquaypx Posté dans Divers

A l’attention de Mme LECHAUX et de sa famille…

 

Je viens d’apprendre cette triste nouvelle avec une vive émotion et je tiens exprimer à toute sa famille toute ma compassion. Je vous souhaite tout le courage possible pour surmonter cette terrible épreuve et vous assure de mon entier soutien ».

Pour l’avoir écouté bien des fois sur son triste passé , nous étions devenu ami  et c’était toujours un plaisir de se rencontrer. Il a toujours été très précis sur les récits de son arrestation etdsc00176 de son internement  c’est pourquoi j’ai conservé précieusement  tous ses propos .

Bernard, était devenu au fil des années un homme fatigué mais toujours chaleureux. Il vient de  nous  quitter et avec lui tout un témoignage sur la triste vérité des camps de la mort s’en va aussi. Ce personnage emblématique ne verra pas le déplacement de la stèle des viking . A croire que ce changement était peut-être un signe.

Je garde un souvenir ému de Bernard, de sa gentillesse et de sa bonne humeur.

La Résistance Quinocéenne… M. VOISIN Abel

VOISIN Abel, Auguste, Henri. Né le 11.02.1903 à Tours (37). Frère de Raymond également Déporté. Marié à Rennes (35) le 12.11.1929 avec Marthe, Jeanne ROUSSEL. Mettreur. Demeurant à St Quay Portrieux (22). Engagé dans la Résistance depuis février 1941. Gaulliste. Réseau A.V., agent P 2, chargé du renseignement et de la surveillance des déplacements ennemis. Responsable de l’A.S. « St Quay Sports », il a organisé un match de foot afin de venir en aide aux 19 jeunes arrêtés dans l’affaire du Vicking. Abel VOISIN est arrêté à son domicile, sur dénonciation le 21.08.1943 avec Robert HENRY. Interrogé, incarcéré à St Brieuc, puis à Rennes avant d’être transféré à Compiègne (60).

Le 28.10.1943, Abel VOISIN est intégré à un convoi de 933 hommes, chargés par centaine dans des wagons à bestiaux. Ce train part le jour même de la gare de Compiègne àdestination du camp de concentration de Buchenwald en Allemagne. C’est le 4éme grand convoi à partir de Compiègne pour la destination de Buchenwald. Les détenus sont des réfractaires au S.T.O., des résistants des Réseaux Buckmaster et C.N.D. Castille, des membres de groupes F.T.P., de maquis comme Aigoual, des étudiants et des militaires qui cherchent à franchir les Pyrénées. Pendant le trajet vers l’Allemagne, vingt évasions réussissent. Le convoi arrive à la gare de Weimar le 30 octobre et c’est au pas de course, encadrés par les S.S. hurlants que les Déportés doivent parcourir la douzaine de km pour arriver au camp de concentration de Buchenwald. – Peut-on croire que la population ignorait l’existence des camps ? – Abel VOISIN devient le matricule 30874. Après une période dite de « quarantaine », ayant surtout pour but de commencer à « casser la personnalité », de faire apprendre les commandements allemands et le matricule dans la langue de Goethe, Abel

VOISIN est transféré à Allach. Il s’agit du plus grand kommando dépendant de Dachau, situé en Bavière où 14000 Déportés (en mars 1945) sont exploités entre autres, au profit de la firme B.M.W. La sous-alimentation, les journées de travail interminables, les coups, les brimades des S.S et des kapos, les parasites, les maladies, épuisent l’organisme des Déportés. Ce camp est libéré par les Américains le 30.04.1945. Abel VOISIN est ensuite dirigé le centre aménagé par les Alliés, situé au lac de Constance où il reste jusqu’au 1.06.1945. Rapatrié à Paris via la Suisse, après le passage à l’hôtel Lutétia, Abel VOISIN rentre dans sa famille. Divorcé, il se remarie à St Brieuc le 30.03.1946 avec Germaine, Marie-Joseph GUILLOT. Abel VOISIN décède le 8.02.1962 à Goudelin (22) à l’âge de 59 ans. Sur les 933 hommes formant ce convoi au départ de Compiègne le 28.10.1943, 384 sont morts ou disparus dans les camps de concentration nazis et pour les 120 autres Déportés, la situation n’est toujours pas connue en 2013.

(Sources 1, 17, 34,39,41)

Le Camp de Bego…

Çà c’est c’est de la reconstitution!

Ce week-end du mois de mai l’association « Liberty Breizh Memory group » a organisé un rendez-vous des passionnés  de la seconde guerre mondiale. Félicitation aux organisateurs, l’organisation n’a pas du être  facile. Mais au moins les activités pendant ces trois jours ont été telles  que le nombre de visiteurs a été surprenant , le succès est indéniable.

 

 

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Ambroise Got… Suite

Les « V » fleurissent sur les murs de Saint-Quay

Jeudi 27 mars. Hier deuxième séance chez le dentiste. Dans le salon d’attente nous sommes nombreux. J’y retrouve entre autres M. Pray de Cessou, Mlle Beausireimages, M. Bombarde et un ancien combattant.

  1. Pray de Cessou. – Avez-vous remarqué la floraison de V et de « Victoire », qui tapissent les murs et les portes ? Depuis que la radio anglaise en a passé le mot d’ordre on ne voit plus que des V, jusque sur les arbres et les pylônes électriques.
  2. Loth-Heur. – Mon portail en est recouvert et je me garderai bien de les enlever, toutefois il faut s’attendre à une riposte des dos-verts. Ils sont furieux. Tout à l’heure j’ai vu un groupe d’officiers qui examinaient des graffitis. Certains de ceux-ci sont injurieux, tel celui qui dit « merde à Hitler ».

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 12, 27 mars 1941 (extrait).

 

Plaisanterie : Hitler et les lettres V…

Voici Madame et M. de Coatarliou. Madame de Coatarliou m’entreprend. C’est une femme qui n’a pas froid aux yeux ; la mère de Madame Quenouillard, c’est tout dire.

Madame de Coatarliou. – Un de ces jours, quand je rencontrerai un sous-officier boche tout seul, je le prendrai à l’écart par un bouton de sa tunique et lui glisserai confidentiellement dans le tuyau de l’oreille : « Prenez garde, mon garçon, vous portez sur votre manche un chevron séditieux. – Comment cela ? Me répliquera-t-il. – Oui ce V, marque de votre grade, c’est un insigne honni, proscrit, qui expose l’armée allemande à de terribles représailles.

  1. de Coatarliou. – Ce sont, si je ne me trompe, les caporaux, qui portent un V, les caporaux-chefs arborent un double V ou plutôt deux V superposés.
  2. Loth-Heur. – Et pour le grand Führer il sied d’ajouter un C, cela fera un W.C.
  3. de Coatarliou. – Je ne comprends pas votre plaisanterie.
  4. Loth-Heur en aparté et à voix basse, pour que Mme de Coatarliou n’entende pas. – Napoléon, dans une boutade, a dit une fois de Talleyrand : « C’est de la merde dans un bas de soie ». Eh bien, moi je définirai Hitler « de la merde dans une chemise brune. »

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 12, 2 avril 1941 (extrait).

 

Avertissement de la Feldkommandantur des CDN contre les graffitis

Jeudi 3 avril. M. Pray de Cessou. – Pendant que l’amiral Darlan vante les bienfaits de la collaboration et monte en épingle la générosité teutonne les gazettes sont bourrées de derniers avertissements comminatoires et d’appels à la population.

  1. Loth-Heur. – Oui, la Feldkommandantur des Côtes-du-Nord, aussi bien que celles des autres départements, agissant à l’instigation de l’administration supérieure allemande, a exigé que pour le mardi 1er avril, à midi, dernier délai, fussent effacées toutes les lettres V et toutes les croix de Lorraine tracées sur les murs et les devantures des magasins. A partir de cette même date le port d’insignes reproduisant la croix de Lorraine est formellement interdit. Les contrevenants seront traduits devant le conseil de guerre.

Madame Sen-Zatou. – Me voilà jolie avec ma belle bague en or sertie d’une croix de Lorraine. Alors je ne pourrai plus la porter ?

Yvonne Loth-Heur. – Non Madame, ce serait dangereux. Les Boches sont exaspérés. Ils ont constaté que leur sommation était restée en grande partie lettre morte, du moins à Saint-Quay. Leurs rondes pédestres ont relevé plus d’une centaine d’inscriptions qui n’avaient pas encore été enlevées. L’autorité allemande a adressé un ultimatum au maire : il faut, ainsi est-il conçu, que tous les graffitis disparaissent le 2 avril avant midi, faute de quoi la population sera privée de pain pendant cinq jours, et ceci indépendamment des sanctions plus graves, amendes, etc.

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 12, 3 avril 1941 (extrait).

Les Allemands et la chasse aux V

Mardi 8 avril. La plus grosse fraction de la garnison s’est embarquée pour des cieux plus ou moins cléments. Je suis passé devant l’Hôtel Beau Rivage, où est installé le mess des sous-officiers. Au lieu d’une trentaine cinq ou six se morfondaient autour de la grande table. Ceux de Plouha, me dit un informateur, sont également partis. Il n’y a plus qu’un mince ourlet de troupes sur la côte. Hier la patrouille chargée de rechercher les V séditieux, généralement forte de quatre hommes et d’un caporal, ne comprenait qu’un soldat et un sous-officier. Ils se donnaient du reste beaucoup de peine pour dépister les V et les croix de Lorraine. Ces inscriptions, tracées hâtivement à la craie, à peine effacées, font à nouveau leur apparition au grand dam des propriétaires d’immeubles. Les écoliers prennent un malin plaisir à en barbouiller les portails et les murs. J’en ai relevé une douzaine sur le mur d’enceinte du comte Ploum. La patrouille, pointilleuse, que je suivais, les a aussi remarquées. Allons-nous être l’objet de sanctions collectives ?

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 12, 8 avril 1941 (extrait).

 

Le maire Sala-Malec coupable d’avoir diffusé un poème satirique

Voici Mesure qui, lui aussi, par cette triste matinée pascale, est venue respirer la brise du large et humer la marée fraîche.

  1. Loth-Heur. – Eh bien, M. Mesure, notre maire est-il toujours dans les fers ?

Mesure. – Il y est même pour quelque temps.

  1. Loth-Heur. – En savez-vous aujourd’hui la raison ?

Mesure. – Parfaitement, je sais tout le fond de l’histoire et suis en mesure de vous renseigner. Dans l’interrègne, avant sa nomination de maire, M. de Sala-Malec a commis une grosse imprudence, mieux une sottise : contre l’avis de son collègue Toussa-Rondy, Albert – c’est son prénom – a fait taper à la mairie par la dactylo, à cinquante ou cent exemplaires, une parodie du régime naziste [sic], que vous connaissez sans doute. Lorsqu’on lit normalement le poème – qui n’a rien de transcendant – c’est un éloge de Hitler, toutefois si l’on plie la feuille en deux à l’endroit voulu on obtient un résultat diamétralement opposé : Hitler et son gouvernement sont vilipendés tandis que l’Angleterre et Churchill sont portés aux nues. Un exemplaire est tombé aux mains des Boches, qui ont examiné le papier, la frappe, et ont cru reconnaître que la feuille provenait de la mairie. Ils se sont livrés à une enquête, qui a abouti à l’arrestation de Sala-Malec. Celui-ci a rué comme un beau diable. Les Allemands ont appréhendé la dactylo et Toussa-Rondy. La Gestapo plaidant le faux pour savoir le vrai, habilement cuisinée, la première aurait avoué. Bref, au cours d’une confrontation des trois personnes, le pot aux roses a été découvert. L’innocence de Toussa-Rondy, qui s’était opposé à la tape, et celle de la dactylo, qui n’avait agi que sur l’ordre de son chef, ayant été reconnues, ils ont été élargis incontinent, tandis que le pauvre Sala a de nouveau été écroué.     ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 12, 14 avril 1941 (extrait).

 

La consigne du général de Gaulle pour la fête de Jeanne d’Arc

Mme Loth-Heur. – Nous sommes fatigués d’écouter la radio, même celle de Londres. Après une crise aiguë de radiotite [sic] ou de radiomanie [sic], mon mari et moi avons réduit les auditions au minimum. Nous prêtons tout juste l’oreille aux informations de Radio-Londres, puis nous tournons le bouton pour aller nous coucher.

Loth-Harry. – Alors vous ne connaissez pas la consigne du général de Gaulle pour le onze Mai, fête de Jeanne d’Arc.

Mme Loth-Heur. – Vaguement, encore que l’on nous en ait rabattu les oreilles : il s’agit, je crois, de déambuler une heure durant dans les promenades publiques, en observant un silence absolu et en se regardant droit dans les yeux, d’un air plein de sous-entendus. Tout cela me semble puéril et je crois que mon mari et moi nous abstiendrons de participer à cette mascarade.

Loth-Harry. – Vous auriez grand tort et cela pour deux raisons : la première est que les intellectuels doivent prêcher d’exemple, donner aux masses l’épaulement dont elles ont besoin, la deuxième c’est qu’il faut prouver aux Boches que nous adhérons tous au mouvement gaulliste. Vous n’avez pas idée comme le seul nom de de Gaulle fait enrager les Allemands, témoin leurs récentes mesures de représailles. C’est leur bête noire. Il faut donc que vous preniez part à la démonstration de dimanche.

Mme Loth-Heur. – Vous m’avez convaincu et je crois que je n’aurai pas de peine à persuader mon mari.

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 13, 7 mai 1941 (extrait).

Suite « Ambroise GOT »

Epigramme : L’an I de la Collaboration

Le capitaine Kassekou, un réfugié du Nord, m’a remis l’épigramme suivant qui s’intitule : «  L’an I de la Collaboration. Français !!!

Aimons et admirons                  le chancelier Hitler

L’éternelle Angleterre                 est indigne de vivre.

Maudissons, écrasons             le peuple d’outre-mer

Le nazi sur la terre                     sera seul à survivre.

Soyons donc le soutien                        du Führer allemand

De ces navigateurs                    de la race maudite

A eux seul appartient                 le juste châtiment

La palme du vainqueur              sera le vrai mérite.

Lisez d’abord le texte intégralement. Vous serez révolté et horrifié de ce panégyrique de Hitler, mais il y a une autre façon – et c’est la bonne – de la déchiffrer : il faut séparer la pièce en deux tronçons dans le sens vertical et lire chaque moitié, l’une à la suite de l’autre. Le résultat vous réconfortera.

ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 11, 3 mars 1941 (extrait).

 

Sur l’air de Cadet Roussel…

  1. Bidonneau. – Je vous apporte aussi ma petite contribution : c’est une chanson sans titre, qui a été composée par un barde inconnu, sur l’air de Cadet Roussel. Tenez, je vais vous la chanter : [texte dactylographié]

Sur l’air de Cadet Roussel.

 

I

  1.   Laval est un dégoûtant

Ainsi qu’ Doriot et puis Darlan

Sans causer du fameux Flandin

Et de son poteau de Beaudoin

Ah ! Ah ! tenez-vous bien,

Qui veut la fin veut les moyens !

II

Voici qu’arrive la liberté

Grâce à nos amis les Anglais

Nous devons donc sans plus tarder

Les aider et les épauler

Ah ! Ah ! très sincèrement

Nous n’ sommes pas faits pour être Allemands.

 

III

Hitler croyait nous avaler

Après l’ Français c’était l’Anglais

Tu peux chanter allo, allo

Tu ramasseras ta gueule dans l’eau

Ah ! Ah ! décidément

Tu n’as pas d’ chance pauvre dément.

 

IV

Mussolini, quel appétit,

Ne mange plus de macaronis

A présent il préfère la Grèce

Mais fais attention à tes fesses

Car Grecs et Albanais

Te molesteront sans plus tarder.

Sur l’air de Cadet Roussel (suite)

V

Paraît que Churchill, dans un discours,

Les invite sans grand détour

Et leur offrant de grands bateaux

Et la musique, Allo, Allo.

Adolf, tu peux de fouiller

Tu resteras au Cap-Gris-Nez

VI

Gloire au courageux de Gaulle

Qui veut reconquérir la Gaule

Ayons confiance en lui surtout

Ainsi qu’en son ami Catroux

Ah ! Ah, nous, nous vaincrons

C’est à Berlin que nous irons.


  1. Loth-Heur. – Ce sont de vers de mirliton, mais l’intention demeure excellente. Nous ne sommes pas des puristes et puisque le chansonnier est un gars qui ne met pas les pouces nous n’allons pas nous divertir à compter ses pieds. ADCA, 105 J 2, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 11, 7 mars 1941 (extrait).

Inauguration…

C’est avec une certaine émotion que s’est déroulé l’inauguration de la borne de la liberté offerte généreusement par le comité des fêtes de Plourhan à la commune de Saint-Quay-Portrieux. L’organisation du défilé a été quelque peu bousculée par la venue d’invités surprise mais bon c’est avec diplomatie que les participants invités par la mairie ont accepté leur présence.

AMBROISE GOT

Document sélectionné pour le CNRD 2012-2013

Hier au soir l’appel du 18 juin sur l’antenne de Londres.   Mercredi 19 juin.

Hier au soir 18 juin, à l’heure où se formait le Gouvernement Pétain qui abandonne lâchement la lutte, nous avons écouté sur l’antenne de Londres le message revigorant que le général de Gaulle, en mission dans la capitale anglaise, adressait aux Français. Il invite tous les officiers et les soldats à se joindre à lui pour la résistance.

Voici le texte intégral de ce message, éclair héroïque dans les sombres nuées qui nous enveloppent : Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.  Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l’ennemi.  Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils  en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et qui vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule. Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites, l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une geurre [sic] mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver à se mettre en rapport avec moi.  Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

ADCA, 105 J 1, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 1, 19 juin 1940.

 

Interdiction d’écouter la radio anglaise

Le crieur public vient de bannir que, par ordre de la Kommandantur, il est formellement interdit aux auditeurs de T.S.F. d’écouter toutes émissions de postes anglais, aussi bien sur les appareils leur appartenant, ou fabriqués par eux, que sur les appareils appartenant à d’autres personnes : « Qui le fera sera puni de réclusion. »

Il y a quelques semaines on menaçait les Finistériens, coupables du même crime, de la peine de mort, pour nous ce ne sera que la réclusion.  L’ordonnance en question n’est pas spéciale à St-Quay, elle s’étend à tout le département.

ADCA, 105 J 1, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 2, 6 août 1940 (extrait).

 

« Une lucarne ouverte sur l’espérance : c’est la radio anglaise »

Lundi 19 août. Nous sommes cloîtrés, captifs, mais nous avons une lucarne ouverte sur l’espérance : c’est la radio anglaise. C’est le seul fil ténu qui nous relie au monde extérieur. Sans les émissions de Londres, nous étoufferions dans un carcan. Nous ne saurions que ce qu’il plairait à nos maîtres de nous apprendre. Nous nous étiolerons à lire leurs gazettes fabriquées sur commande, selon le style Goebbels, à écouter les effroyables mensonges de leur radio.

Certes la radio anglaise est bien imparfaite et nous avons déjà souligné ses innombrables défauts, toutefois nous n’avons pas d’autre réconfort et je plains ceux qui ne peuvent ou ne veulent l’écouter. […]

Notre pire épreuve serait indéniablement la confiscation des postes récepteurs.

ADCA, 105 J 1, Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux), cahier 2, 19 août 1940 (extrait)

Source: Archives départementales des Côtes-d’Armor (105 J), Journal d’Ambroise Got (Saint-Quay-Portrieux)
 l’ALMRD (Association Lycéenne pour la Mémoire de la Résistance et de la Déportation), Lycée Jean Moulin, Saint-Brieuc, professeur,  Eric Le Guyader  

Dimanche 17 avril… à Saint-Quay-Portrieux

C’est à l’occasion de l’exposition « Regard sur le Phare West » que se déroulera  une cérémonie d’inauguration de la Borne de la Liberté.

FOTD5BDLa borne de la liberté offerte par Gilles MARTIN demeurant à Plourhan à la commune de Saint-Quay-Portrieux sera découverte  le dimanche 17 avril au rond-point de la France Libre à 11h00.

Cet événement revêt un caractère particulier puisque une délégation Américaine sera présente ainsi que les autorités préfectorales

Mme la consule ne sera pas des nôtres mais elle se fera représentée pour l’occasion, autrement dire que le service d’ordre sera plus important.

Compte tenu de la venue du nombre de véhicules et de motos pour l’exposition
« Regard sur le Phare West », le nombre de  véhicules de l’armée Américaine est limité (déjà complet).

Tous véhicules non inscrits ne pourront pas participer au défilé

Tous les participants US et résistants sont les bienvenus.

La Résistance Quinocéenne….M.CORNALY Eugène

CORNALY Eugène, Henri, né le 23.05.1919 à Plérin (22). Célibataire. Etudiant par correspondance, niveau ingénieur électricien. Membre du Parti communiste. Demeurant au Clos Milon en St Quay Portrieux (22). Résistant, fait partie du groupe de Jean AUDOIN. A infiltré le P.P.F., jusqu’à en devenir le permanent. Attendant que le P.P.F. lui confie une arme, pour entrer dans la clandestinité. Arrêté le 20.10.1943 à Lanvollon par le gendarme M……. de Lanvollon. Livré à la Gestapo, 5 rue Lamartine à St Brieuc par la gendarmerie française. Eugène CORNALY fut torturé pendant 6 jours, puis transféré à la prison Jacques Cartier de Rennes. Là, les interrogatoires continuèrent, puis il fut transféré à Compiègne (60) le 12.03.1944. Le jeudi 6.04.1944, 1489 hommes, dont Eugène CORNALY, quittent vers 7 heures du matin le camp de Royallieu de Compiègne, à pied, en colonnes par 5. Ils traversent la ville de Compiègne, soigneusement encadrés ; vers 8 heures, ils arrivent à la gare de Compiègne où un train constitué d’une douzaine de wagons à bestiaux les attend. Sur le quai, un groupe d’une centaine de détenus est formé devant chaque wagon, puis les Allemands les forcent à grimper dedans. Puis, vers 10 heures, le train quitte la gare de Compiègne à destination du camp de concentration de Mauthausen en Autriche. A Reims, il reste en gare près de 3 heures, des détenus en profitent pour écrire de courts messages qu’ils laissent tomber sur la voie par les interstices. Les cheminots les feront parvenir aux familles.

A Novéant (57) dans la nuit du 6 au 7 avril, suite à 5 évasions réussies, tous les Déportés sont éjectés des wagons et doivent se mettre nus. Tous les vêtements sont confisqués et entassés dans un wagon. Le convoi repart passant à Metz, Ludwigshaven, Nuremberg, Regensburg, Passau, Linz et « enfin » Mauthausen. Le voyage a duré 3 jours et 2 nuits dans des conditions très pénibles, entassés les uns contre et sous les autres, sans eau, ni nourriture, dans le froid. Le 8.04.1944 vers 17 heures, le train arrive en gare de Mauthausen, accueillis par les S.S. et leurs chiens. Une centaine de vêtements sont jetés dans chaque wagon, rares sont ceux qui ont leurs propres effets. Les Déportés doivent s’habiller en hâte, sous les coups. Puis, mis en colonnes par 5, ils sont encadrés vers le camp de concentration de Mauthausen, après avoir traversé l’agglomération de Mauthausen – Peut-on croire que la population ignorait l’existence des camps ? – Un véhicule est venu chercher les morts du convoi et les invalides.

L’arrivée au camp a lieu vers 19 heures. Dans une cour, ils passent un à un devant un SS à qui ils doivent remettre bijoux, bagues, montres et stylos, puis ils doivent se dévêtir et mettre leurs vêtements sur des tas de chemises, pantalons, vestes, etc.… En route pour les douches (rasage de la tête aux pieds, passage au crésyl, douche où l’eau chaude est alternée avec l’eau froide, remise d’une tenue). Par paquets de 20, ils vont au bloc de quarantaine. Eugène CORNALY matricule 62193. Mauthausen se présente sous l’aspect d’une forteresse impressionnante avec son mur d’enceinte en granit, ses chemins de ronde, ses tours de guet et ses meurtrières. Occupée au départ uniquement par des détenus allemands et autrichiens, courant 1940 la population du camp s’internationalise avec l’arrivée des Polonais, puis des Républicains espagnols. Mauthausen comptera par la suite 60 kommandos. Plus de 320 000 Déportés (hommes et femmes) sont passés à Mauthausen, 200 000 y sont décédés.

Eugène CORNALY est transféré le 21.04.1944 à Gusen (kommando de Mauthausen) en qualité d’électricien.

Eugène CORNALY y décède le 2.12.1944 à l’âge de 25 ans. Sur les 1489 hommes qui formaient ce convoi au départ de Compiègne le 6.04.1944, 763 sont morts ou disparus en camps de concentration nazis dont 122 assassinés par gazage à Hartheim (dépendant de Mauthausen), et pour 54 autres Déportés la situation n’est toujours pas connue en 2013. (Sources 1, 4, 17, 34, 39, réalisé avec l’aimable concours de Jacky LE GALLAIS et documents de son père, datés du 27.07.1945).

Alfred- Henri  HERRENSCHMIDT

                                                                     

PTDC0005

Le docteur Herrenschmidt Alfred Henri avec le docteur CAILLET ont été pendant la seconde guerre mondiale des hommes d’une importance exemplaire dans notre commune en risquant leur vie et celle de leur famille.

C’est en bravant l’autorité Allemande, qu’ils ont, par leur compétence aider et soigner de nombreux  résistants et  aviateurs.

Alfred Henri, fils d’Alfred N° 46, est né à Strasbourg le 20 janvier 1871 et décédé à Saint-Quay-Portrieux (22) le 21 février 1944.                                                                                                       Le 14 novembre 1903, il épouse à Paris Marie-Louise Pauline VANBERGUE  née à Paris le 17  mai 1880 et décédée à Paris le 1er novembre 1962.

De leur union sont nés, tous à Paris :                                                                                                           1    Louis Henri, le 21 juillet 1904,  décédé le 22 juillet 1904.                                                                 2   Pierre Ernest le 15 février 1906, No 93.                                                                                                   3   Madeleine Marie-Louise Marie, le 20 février 1908, N° 68 Fl.                                                           4   Marie-Louise Henriette, le 4 octobre 1910, W 68 F2.                                                                         5   Jacques,  le 28 février 1912  et décédé à Paris le 3 mars 1930.

Henri a commencé ses études au Gymnase protestant de Strasbourg  jusqu’à l’âge de 12 ans, après quoi il est parti pour Belfort et a poursuivi ses études de médecine à Paris;  Interne des Hôpitaux de Paris en 1894,  chef de clinique,docteur en médecine en 1898. De 1898 à 1940 il a été médecin généraliste à Paris, médecin de famille, respecté de ses patients et pour la tribu Herrenschmidt le conseiller médical.

Au début de son mariage il a habité près de l’Observatoire et c’est ainsi que, pour le différencier de son cousin Henri N° 64 qui habitait boulevard Magenta, il a été longtemps désigné par « Henri Observatoire ».

Mobilisé le 2 août  1914,  il a été médecin, affecté comme  Lieutenant  à une ambulance  divisionnaire, puis  promu  capitaine en 1915 et  nommé au commandement  d’une  ambulance divisionnaire. C’est lui qui a procédé à l’amputation  du bras du Général Gouraud.

Adoré de tous pour ses qualités médicales et humaines toute la population de la commune où il a fini sa vie a tenu à l’accompagner au cimetière et jusqu’à la tombe, ayant recouvert son cercueil d’un drapeau tricolore, et cela au temps de l’Occupation, à quatre  mois du Débarquement.               ·

« Les Henri », tout comme « les Charles » et « les André » ont été pour les pro­vinciaux qu’étaient les habitants  du Wacken de « véritables  parents  d’adoption » tout le temps qu’ils ont poursuivi leurs étud es à Paris, et les liens qui se sont ainsi tissés ont permis que, par la suite, les jeunes de toutes les branches issues  de  Gustave- François, ont pu se  connaître.  Les liens d’affection  ont bravé le temps et les tempêtes et, aujourd’hui  encore, sont un bien précieux et vivant!chez ceux qui ont eu le bonheur de pouvoir en bénéficier.

Henri était: Chevalier de Légion d’Honneur à titre militaire, décoré de la Croix de Guerre 1914 ·1918.

 

Ci-joint la généalogie simplifiée Guth

Les frères Herrenschmidt Henri et André, devenus médecins,  ont été installés à Portrieux par leur Tante Emma Lebel héritière sans enfants (les fusils Lebel, les mines de Pechel Braun).

Suite à la guerre de 1870, les grands bourgeois protestants ayant préféré quitter l’Alsace avec indemnisation de leurs biens.

PTDC0002C’est pour cause de santé qu’elle avait amené auparavant Henri et André à la station de Saint-Quay-Portrieux croyant que c’était bénéfique pour la tuberculose !!

Henri installé à Croix Claude a eu Malou qui a épousé Jean d’Herbécourt et Madeleine qui a épousé J.J Guthf.

André installé à Ker Vern (la propriété qui contient les 5 immeubles de la Comtesse) est mon grand père décédé avant la guerre d’un excès de rayonnement X car il était chercheur sur le cancer.

Ma grand-mère a habité Portrieux jusqu’à l’armistice avec ma mère et mes frères ainés ont fait des études ici deux ans.

On m’a dit (F. Carcaillet) que ma grand-mère avait aidé la résistance, mais je ne sais rien d’autre.

Moi-même (Mathieu TANON) j’ai habité Ker Vern jusqu’à l’âge de 17 ans , après la succession de ma grand-mère.

Ma grand-mère est décédée en 1948 dans un accident d’avion au Bourget, elle se rendait en Tunisie sur la Tombe de son fils François mort au combat. Comme à ce moment-là son domicile était St Q Px, il était propriétaire du moulin St Michel) dont ma mère a hérité à sa mot.

C’est pour ça que sur la stèle du port le nom de François Herrenschmidt apparaît au milieu de tous les noms Bretons !

Merci à Mme Sylvie GRANJON, Mathieu TANON et à jean-Pierre GUTH

 

Nous sommes à la recherche d’informations sur ces deux docteurs concernant cette période .

Un petit message important

De M. LEMOINE Alain

Il est vrai que nous avons tous un devoir de mémoire.

Certains d’entre vous ont peut-être connu mon oncle Jean LEMOINE lycéen martyr du lycée Anatole LE Bras, mort le lendemain de sa libération du camps de Neuemgame.

Me contacter si vous l’avez connu.

Bien cordialement à Tous

alain.lemoine@orange.fr

Le 1er juin 1944 En mer devant Plérin…

 

Spitfire Mk. VII MB887

Codé NX-?

Warrant Officer. ATKINSON, WILLIAM JAMES

131 Squadron Royal Air Force

(County of Kent)


William James Atkinson est né le 14 août 1922 à North Sydney, New South Wales.

Il rejoint le centre de formation le 2 I.T.S. le 17 août 1941. Il s’entraine au 10 E.I.I.S. à parti du 5 février 1942. Puis au S.F.T.S 2 de Wagga le 8 mars 1942. Le 23 février 1942, IS.T.S.S. à Deniliquin (New South Wales). Le 8 juillet 1942, il est transféré au 2 ED de Bradfield Park.

Envoyé en Grande Bretagne le 18 novembre 1942 à la RAF Bournemouth. Effectuant sa transformation opérationnelle à l’OTU 5 le 2 février 1943. Il rejoint ensuite le Squadron 131 à Churchstanton le 4 décembre 1943.

Il obtiens son badge de pilote le 2 mai 1942. Il se trouve au grade de T/Sgt. Pilot le 16 mars 1943.

Star 1939-1945

Aircrew Europe Star

Defence Medal

War Medal 1939-45

 

 

Réf : 131S/137/P2. Rapport de mission du Flying Officer, Stanley Aske Catarall

 

J’étais le leader d’un vol de 4 avions sur la mission rhubarb 265, nous avons décollé à 11h43 avec 4 avions du Flight ‘D’ et nous avons traversé la côte française de 03 miles à l’ouest de St Alban à 0 pieds, à Lamballe, j’ai tourné vers l’ouest en suivant la ligne ferroviaire, à l’approche de Saint Brieuc j’ai plongé un peu au sud de la ville passant ensuite au nord-ouest et j’ai obliqué encore, quand environ 800 pieds «J’ai vu un bon train apparaître derrière quelques arbres à 5 miles à l’ouest de Saint-Brieuc, j’ai appelé en disant qu’on allait attaquer.

 

Rouge 2, 3 et 4 me suivait et j’ai été touché par la Flak, un tir de mitrailleuses à partir deux ou trois wagons placés en du fin du train, j’ai appelé en disant que j’avais été touché et que j’aurait rejoint la maison en demandant de me rejoindre. Aussi Red 3 et 4 étaient derrière moi, je ne pouvais pas les voir et j’ai appelé Red 3 et ai demandé s’ils étaient OK, Red 3 a dit qu’il ne pouvait pas voir Red 4, le W/O Atkinson, donc j’ai demandé à plusieurs reprises jusque je n’ai reçu aucune réponse alors j’ai appelé le contrôle Jairo et leur a demandé d’essayer de le contacter. L’attaque a eu lieu vers 12h28, nous avons traversé par le sud la Pointe du Minard et avons atterri à la base à 13 heures20.

 

GOVoici une photo d’un des modèles de wagons de la flak qui pouvait être utilisé sur la ligne ferroviaire

 

 

Rapport de mission du Flying Officer, Smart C.A

 

Je volais en Red 2 sur la mission rhubarbe 265 avec le F/O Catarall, leader de la mission et avec le W/O Atkinson en Red 4. Nous avons décollé bien sûr à partir de Culmhead à 11h45 et avons traversé les côtes de France à l’ouest de St Alban à zéro pieds. Nous avons tourné à l’ouest de Lamballe et avons grimpé pour contrôler la voie ferrée à Saint-Brieuc, où nous avons plongé, passant par le sud de la ville à zéro pieds, puis nous avons tourné au nord-ouest et avons grimpé. Je volais le long de la ligne à environ 80 mètres sur le côté bâbord de Red 1 avec Red 3 et 4 sur mon bâbord. Nous avons encore grimpé à environ 800 pieds quand j’ai entendu Red 1 dire qu’il allait attaquer et je le vit tourner et plonger, je l’ai suivi et entendu dire qu’un canon tirait à partir d’un camion à la fin du train et juste après, j’ai entendu dire que Red 1, avait été touché et que nous devions le suivre. Je suis resté à zéro pieds et le suivit et je vit Red 3, mais je ne pouvait pas voir rouge 4. J’ai entendu Red 1 appeler et de demander Red 3 et 4 s’ils étaient Ok, Red 3 a dit qu’il ne pouvait pas voir Red 4, Red 1 l’a appelé à plusieurs reprises et enfin il appelé Jairo et leur a demandé d’essayer de le contacter. Nous avons traversé la côte sud de la Pointe du Minard et avons atterri à la base à 13h20.

 

Rapport de mission du Flight Lieutenant, Richard Ulick Paget de Burgh

Je volais en Red 3 sur la mission rhubarbe 265 avec le F/O Catarall, notre leader et le W/O Atkinson en Red 4, nous avons décollé à 11h43 et bien sûr pour la France. Nous avons traversé la côte française à 5 milles à l’ouest de St Alban à zéro pieds et tourné vers l’ouest le long de la ligne ferroviaire principale à Lamballe. Nous avons volé au sud de la ligne de chemin de fer dans un vol d’échelon assez lâche. Juste après le passage de St Brieuc, le F/O Catarall qui, pour cela volait à environ 800 pieds, tourna brusquement vers la droite et le F/O Smart, Red 2, a suivi et moi aussi, juste avant de tourner, j’ai remarqué que le W/O Atkinson avait commencé à tourner à tribord lui aussi. Le F/O Catarall a attaqué un train de marchandises dans une distance d’environ 4 miles à l’ouest de la ville de St Brieuc, Red 2 et 1 on suivis, j’ai remarqué que des tirs de flak était en provenance de la partie arrière du train, bien qu’ils ne s’adressaient pas à moi. Le train était arrêté ou se déplaçait très lentement et se dirigeait vers l’ouest, après mon attaque qui était d’environ 30 degrés vers le train j’ai cassé le coté en zigzaguant. Le F/O Catarall a appelé et m’a dit qu’il avait été touché et qu’il rentrait à la maison et que chaque corps était de revenir avec lui.

 

J’ai tourné en rond pour Red 4, mais je ne pouvait pas le voir, il était environ 12h28. J’ai appelé Red 1 et je lui a dit que je ne pouvait pas le voir et je ne pouvais pas voir Red 4. Red 1 appelé Red 4 et n’a obtenu aucune réponse. Je n’avais pas vu le Red 4 depuis son virage en attaque sur le train.

Nous nous sommes quitté près de Saint Quay Portrieux et nous avons atterri à la base à 13h20.

Résumé : RAAF PERSONNEL SERVING ON ATTACHMENT IN ROYAL AIR FORCE SQUADRONS AND SUPPORT UNITS IN WORLD WAR 2 AND MISSING WITH NO KNOWN GRAVE.

Spitfire 887 Mo de 131 (comté de Kent) Sqn RAF a décollé de la RAF station Colmhead, près de Taunton, Somerset, le 1er Juin 1944, vol n ° 4 dans une formation de 4 avions. La formation a été envoyée pour attaquer une cible ennemie à Saint Brieuc, France. La formation à franchi la côte ouest française de St Malo. A Lamballe en Bretagne en France, la formation tourne vers l’ouest et a suivie la ligne de chemin de fer. A environ 5 miles de St Brieuc un train de marchandises a été vu, qui a été attaqué par la formation. Le chef de la formation a été touché par des tirs de la flak placé à la fin du train. Le chef a appelé à la formation de l’accompagner à la maison. Il a reçu deux réponses, mais aucun de MB 877. Après l’appel répété et sans réponses, le chef a appelé en détresse le contrôle Jairo pour essayer de localiser MB 887. Le No3 dans la formation a déclaré que juste avant de tourner dans l’attaque, il a remarqué MB 877 dans un virage à tribord aussi, mais il ne pouvait pas voir MB 887 après l’attaque. Equipage : RAAF 413332 WO W. J. Atkinson, pilote.

Après des enquêtes et des investigations après-guerre, quand aucune trace de l’avion manquant ou pilote pourrait être trouvé, il a été enregistré en 1948 que l’adjudant Atkinson n’avait pas de sépulture connue.

Richard Ulick Paget de Burgh. Flying Officer Stanley Aske Catarall.

 

 

GO

Le Spitfire Mk. VII est un avion intercepteur à haute altitude; ayant un moteur Merlin 61 (1 300 ch à 7.010 mt), 64 (1.450 ch à 6.4008 mt) et 71 (1700 ch à 5.486 mt), avec un compresseur à deux étages, Le Merlin 61 a été le premier moteur à deux vitesses et à deux étages suralimenté utilisé dans le Spitfire – le compresseur de suralimentation à deux étages avait de meilleures performances à haute altitude. Les nouveaux moteurs avaient besoin d’un nouveau système de refroidissement, le résultat fut que le Mk VII avait une prise d’air sur chaque aile, lui donnant un aspect plus symétrique que les précédentes versions de Spitfire.

La longueur du fuselage a été porté à 9, 44 mt pour accueillir le plus gros moteur. Le fuselage a également dû être renforcé. Il avait une cabine pressurisée. Le Mk VII avait un système de pressurisation plus avancé que le Mk VI, en utilisant une verrière coulissante, ce qui était plus populaire que le cockpit verrouillée sur le Mk VI. Il avait une roulette de queue rétractable.

La version pour la haute altitude du Mk VII a été alimenté avec un Merlin 71, et pourrait atteindre 669.49 km/h à 13.411 mt.

Le Mk VII a utilisé les ailes « c » de type universel, l’avion transportant de l’armement, soit deux canons de 20 mm Hispano (120 coups par arme à feu) et quatre mitrailleuses de calibre, 7.7 mm Browning (350 coups par arme à feu) , mais avec le bout des ailes élargies utilisés sur le Mk VI.

Le Mk VII est rentré en production à partir du mois d’août 1942 jusqu’à début de l’année 1944, il a été fabriqué à seulement 140 appareils. Le Mk VII eu un peu plus de succès que la précédente version, le Mk VI, mais le «provisoire» Mk IX s’est avéré être capable de fonctionner à haute altitude, et le Mk VII a vite perdu son statut spécial en tant que combattant de haute altitude, bien qu’il soit resté en cours d’utilisation pendant toute la guerre.

Bibliographie : National Archives of Australia

Supermarine Spitfire Mk VII

 

Notez bien l’impact d’un obus de flak à l’extrémité de l’aile
Selon les plaques en laiton retrouvées sur l’aile du Spitfire, la plaque du haut correspond à une plaque « modification » qui montre toutes les modifications apportées à cette machine en particulier. Ces modifications ont été généralement réalisés dans des unités de maintenance. Les parties ont été construites à Southampton (6S), mais celles-ci peuvent être des pièces incorporées dans une machine construite à Bromwich Castle.

Il s’agit d’une plaque d’un Spitfire VII, et il devrait être de la voilure principale interne supérieure (indiquée par No 35103). La construction visible No 6S-438865 dit Vickers-Supermarine (‘6 S’), et les numéros suivants est un numéro de série.

Le dossier pour retrouver l’épave du Spitfire VII est en cours d’instruction par le ministère de la guerre Australien. Après avoir pris contact avec la DRASSM et les Affaires maritimes, un dossier va être instruit en décembre pour organiser une opération de localisation de l’épave en 2014.

Seul trois modèles du Spitfire VII sont tombés en Bretagne, Spitfire Mk. VII MB883. Spitfire Mk.VII MD166. Tous les trois qui sont d’ailleurs du N°131 Squadron.

Merci à jossleclercq et Ian pour l’identification des plaques. Forum RAFCommands.com du 22 novembre 2012.

Source ABSA

 

UNE PERSONNE PASSÉE À UNE AUTRE LIGNE D’ÉVASION

 

 

Allen Michael FITZGERALD/ 32310842
115-35, 226th Street, Cambria Heights/Route, Long Island, New York, USA
Né le 30 juillet 1918 dans le Nebraska/ † le 18 novembre 2000 à Rumson, New Jersey, USA
Sergent USAAF, 305 Bomber Group / 364 Bomber Squadron, mitrailleur droit
dans la région de Rouen, Seine-Maritime, France.
Boeing B-17F-BO Flying Fortress, 42-5232, WF-E / « Available Jones », abattu le 04 avril 1943 par la chasse allemande lors d’une mission sur les usines Renault à Paris-Billancourt.
Ecrasé entre le Val et Le Vaudreuil, Eure, Haute Normandie, France.
Durée : environ 4 mois.
Passage des Pyrénées : le 25 juillet 1943.

Informations complémentaires :

Rapport de perte d’équipage MACR 15592. Rapport d’évasion E&E 60 disponible en ligne.

L’appareil décolle de Chelveston vers 10h30 et peu après le largage de ses bombes, il est attaqué à 60km au Sud de Rouen par une nuée de chasseurs allemands. Les moteurs 2 et 3 sont touchés et fument, le système électrique est rendu inutilisable, empêchant toute communication entre les membres de l’équipage. Le bout de l’aile gauche est détruit, le stabilisateur vertical est troué, le système d’alimentation en oxygène est détruit et l’avion perd de l’altitude et le contact avec la formation. Comme son coéquipier Jack Luerhrs, Allen Fitzgerald réussit à abattre un des chasseurs. Un obus de 20mm éclate dans la soute et le projette sur la tôle de blindage et blesse le mécanicien/mitrailleur latéral Sgt Miles L. Cooley. Fitzgerald comprend qu’il faut abandonner l’appareil. Il fait sauter la porte de la trappe d’évacuation, retourne à son poste pour tirer une dernière salve avant de sauter, voit cinq parachutes ouverts en-dessous, et, tandis que le S/Sgt Cooley tente d’extirper le mitrailleur ventral S/Sgt Edward C. Mescher de sa tourelle, il saute à 4300m d’altitude, suivi du T/Sgt Luehrs et du mitrailleur arrière, Sgt John G. Hollenbeck.

Ed Mescher sera le seul à perdre la vie. Sept autres membres de l’équipage seront fait prisonniers : le pilote Lt Morris M. Jones (d’abord évadé, il rencontrera son mitrailleur Fitzgerald à Paris), le copilote Lt Edward T. Logan, le navigateur Lt Homer H. Mohr (vraisemblablement d’abord évadé également puisque renseigné comme prisonnier en date du 8 décembre 1943), le bombardier Lt Robert Fabec, le mitrailleur dorsal Sgt William H. Johnson et le S/Sgt Miles Cooley. Le Sgt Hollenbeck parvient d’abord à s’évader mais sera arrêté par la suite et interné lui aussi.

Le parachute d’Allen Fitzgerald refuse d’abord de fonctionner et ne s’ouvre finalement qu’à environ 3000m et plusieurs chasseurs allemands tournent autour de lui pendant sa chute. Il atterrit dans un champ où plusieurs français s’étaient déjà attroupés pour l’accueillir. On lui enlève son parachute, on lui montre un bois où se cacher et, arrivé là, il s’approche d’un jeune fermier. Fitzgerald, qui parle un peu le français, lui déclare qu’il est Américain et le fermier lui dit de le suivre. Arrivés à la ferme, il se cache dans une étable où on lui apporte des vêtements civils. Ses pièces d’uniforme sont emportées et cachées et, à l’intérieur de la maison de ferme, la fermière lui prépare de quoi manger.

La sœur de la fermière arrive, donne son vélo à Fitzgerald qui roule derrière le fermier jusqu’à une maison à environ 8km de là, croisant plusieurs véhicules allemands en route. Arrivés à la maison (qu’il décrit ailleurs dans son rapport comme un « château »…), le riche propriétaire, peu amical, insiste pour qu’il parte immédiatement et qu’il se rende, conseillant au fermier de le dénoncer aux Allemands. Fitzgerald et le fermier repartent alors à vélo, roulent 5 à 6km pour arriver au sud de Rouen à un autre château, très grand, celui de Mr Roger RAOUL-DUVAL, où l’accueil est tout à fait différent. [ Dans l’Appendix « C » de son rapport E&E 60, page 22/30, Fitzgerald écrit « Raul Duval (Rouen) ». Il doit donc s’agir du domaine de la Motte qui appartenait à la famille Raoul-Duval et se situait à la limite sud-est du village de Vaudreuil, non loin du lieu du crash defaultde l’appareil. Le fils d’Edgar Raoul-Duval, propriétaire du château, Claude RAOUL-DUVAL, avait rejoint l’Angleterre et, devenu pilote dans la RAF, il sera abattu quelques jours plus tard, le 17 avril 1943, près de Rouen, à bord de son Spitfire BS548 du 341 Squadron. Actif dans le réseau Oaktree, il a par la suite aidé des aviateurs alliés à s’évader, en liaison avec Elisabeth BARBIER à Paris et Comète… – voir ci-dessous – Son propre rapport d’évasion porte le n° SPG 3315/1471.]

 

 

Photo Claude RAOUL DUVAL

On lui trouve une bonne cachette au château, ce qui lui évite d’être découvert lors d’une patrouille allemande fouillant une bonne partie de la propriété. Mr RAOUL-DUVAL échafaude immédiatement un plan pour amener l’aviateur à Paris, lui donne un nouveau costume et Fitzgerald loge cette nuit-là au château.

Le lendemain matin, 5 avril, RAOUL-DUVAL et son épouse le précèdent à vélo vers une petite gare de village (vraisemblablement Saint-Pierre-de-Vaudray) d’où ils prennent un train vers une gare plus importante (Louviers ?). Arrivés à destination, ils sont accueillis par deux jeunes filles et un homme en civil… qui est son pilote, le Lt Jones. Le couple DUVAL, les deux jeunes filles, Fitzgerald et Jones partent alors en train pour Paris et arrivés à la Gare Saint-Lazare, ils sont guidés vers l’appartement des RAOUL-DUVAL, 43 Rue du Faubourg Saint-Honoré, en face du QG de la Luftwaffe. Mr RAOUL-DUVAL donne un coup de téléphone et peu après arrivent deux femmes dont l’une part avec Jones, tandis que l’autre mène Fitzgerald à son appartement près de la Rue Greuze (XVIème arrondissement). Dans l’appartement se trouvait une jeune fille, « KATHELINE »/ »KATHLEEN ». Celle-ci le conduit immédiatement à un grand magasin (le Bon Marché) pour le faire prendre en photos, Fitzgerald n’ayant pas de photos dans son kit d’évasion.

De retour à l’appartement, « Mr ROBERT » (= Robert AYLÉ, chef de Comète à Paris) vient l’interroger pour vérifier son authenticité et, satisfait des réponses de l’aviateur, celui-ci passe deux jours et deux nuits dans l’appartement. Le troisième jour, le 8 avril, Jack Luehrs arrive à l’appartement et Fitzgerald, quant à lui, est mené au n° 20 Rue Greuze dans l’appartement de la comtesse Hélène de SUZANNET, née Durant de Mareuil, veuve de Jean de Suzannet, chez qui il rapporte avoir logé 3 semaines et 2 jours et y avoir reçu des vêtements, en plus de la nourriture.

Durant son séjour rue Greuze, il reçoit la visite de « Val » (Val WILLIAMS, pseudonyme de Vladimir BOURYSCHKINE) qui lui parle d’un voyage en bateau pour l’exfiltrer vers l’Angleterre. Fitzgerald signale également la présence à l’appartement durant son séjour du canadien Elmer Bulman (F/Sgt Elmer L. Bulman – Halifax BB250 abattu le 11 mars 1943 – SPG 3314/1326 – évacué par la ligne Oaktree-Bourgogne via les Pyrénées en juin 1943). Il y rencontre également une américaine, Elizabeth CARMICHAEL, habitant aux USA à New York et à Charleston, Caroline du Sud, dont Fitzgerald dit d’elle qu’elle a tenté de le faire rentrer en Angleterre par avion (sans davantage de détails). A noter que la liste des helpers français ne reprend aucun « CARMICHAEL », mais il y a bien une Miss Elisabeth CARMALT, renseignée au n° 28 Rue Vaneau, une des adresses de Frédéric DE JONGH à Paris…

Le 30 avril, Fitzgerald et Bulman quittent l’appartement de la comtesse de SUZANNET pour se rendre à la gare où ils rencontrent deux polonais se trouvant en compagnie d’Elizabeth BARBIER et de PAUL (= Raymond LABROSSE, opérateur radio de Val WILLIAMS), qui les guident vers Saint Quay-Portrieux, au nord de Saint-Brieuc en Bretagne. Fitzgerald signale qu’il loge chez Jean et Marcelle LANLO à Saint Quay-Portrieux du 1er au 3 mai, partant ce jour là pour Saint-Brieuc où il reste « une semaine », en compagnie de 14 autres évadés, y compris son co-équipier Jack Luehrs (selon le rapport de ce dernier, cela se passe à « la Chimère », appartenant à Emilie CELLARIÉ, au 25 Rue des Dalliots, Quartier des Dalliots, à Tréveneuc, à environ 4km au nord-est de Saint-Quay-Portrieux, mais le rapport de Fitzgerald ne le précise pas). Par ailleurs, le rapport de Jack Luehrs mentionne que c’est à Etables-sur-Mer, près de Saint-Brieuc, qu’il rencontre Fitzgerald dans l’appartement (rue de la Gare) appartenant au maire du village, Jérôme CAMARD (voir la fiche de Jack Luehrs).

Poursuivons le rapport de Fitzgerald : Comme il était prévu d’envoyer l’un des Américains dans un château à Paimpol, on tire au sort aux cartes et c’est lui qui est alors mené le 3 mai (selon son rapport) chez la comtesse Betty de MAUDUIT (Roberta de MAUDUIT, née LAURIE), au château du Bourblanc, à Plourivo, à 5km au sud-ouest de Paimpol.
Le château du BOURBLANC.

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Dans la synthèse de séjours et de helpers du rapport E&E 60 de Fitzgerald, il est indiqué que c’est du 3 mai au 24 mai que Fitzgerald a été hébergé au château et qu’il y apprend que le projet de départ en bateau échafaudé par VAL ne pourra se réaliser. Selon le rapport E&E 59 du Lt Spevak (voir ci-dessous), c’est le 30 mai que, guidé par GEORGES (Georges JOUANJEAN), il arrive au château et y trouve Fitzgerald et d’autres aviateurs (Spevak cite le Lt Biggs, le Lt Kylius, le Sgt Robinson, Wells, Marshall, Martin plus quelques membres de la RAF et RCAF.) Il ne semble donc pas exact, comme Fitzgerald le rapporte plus haut, qu’il soit resté « une semaine » à Saint-Brieuc avant d’être envoyé au château, il s’agirait plutôt d’1 jour (?).

Fitzgerald rapporte que « le 24 mai » [c’est le 5 juin au soir selon le rapport du Lt Nichols et confirmé dans celui du Lt Spevak (voir ci-dessous)], il est ramené à Paris, guidé par GEORGES (Georges JOUANJEAN) et PAUL (Raymond LABROSSE) en compagnie de Spevak, Nichols, Parks, Robinson et Davis. [Il s’agit de trois membres de l’équipage du B-17 n°42-29627 du 94BG/410 BS, abattu le 17 mai 43 lors d’une mission sur Lorient : le 1st Lt Edward Joseph Spevak (E&E 59), le 2nd Lt Donald Lee Nichols (E&E 75) et le S/Sgt Donald Cameron Parks – arrêté par la suite. Les autres sont le S/Sgt Allen Norman Robinson (E&E #103) du B-17 n° 42-5175 du 306BG/367BS abattu le 16 février 43 lors d’une mission sur St Nazaire et le S/Sgt Marcus K. Davis du B-17 n° 41-24609 du 303BG/359BS abattu le 4 avril 1943 lors d’une mission sur Rouen.]

Le groupe arrive à Paris le 6 juin (à 07h00 selon Nichols) et les hommes sont d’abord menés à l’appartement d’Elisabeth BARBIER au 72 Rue Vaneau (VIème arrondissement) qui leur apprend que VAL a été arrêté le 4 juin. Les évadés sont séparés et dans l’après-midi, Fitzgerald et Spevak vont chez Tiphaine Vve MacDonald Lucas (Comtesse de BOISBOISSEL) et sa fille Suzanne LEGRAND au 4 Avenue de Nancy à St Cloud où ils restent 1 semaine. (Le rapport de Fitzgerald reprend les dates « 24-31 May » pour ce séjour…) Ils repassent à l’appartement d’Élisabeth BARBIER [pour un jour selon Spevak, qui signale que Fitzgerald et lui sont alors guidés par « MARIE » chez « Kitty ZIFINE » [la liste des helpers français reprend « ZIPINE Hinda (Betty) » au 4 rue Nicolas Roret où Spevak reste loger pendant 1 mois, du 12 juin au 5 juillet.] Fitzgerald, quant à lui, rapporte avoir rencontré « MARIE » chez Elisabeth et avoir été mené par elle à « Arniers » (Asnières-sur-Seine) chez Mr et Mme MONET au 71 Rue Victor Hugo. Il reprend dans son rapport que ce séjour chez les MONET se déroule « du 1er au 4 juin » et qu’il est ensuite guidé par MARIE vers l’appartement du Dr Louis FIRPI et son épouse au 101 Avenue Philippe-Auguste où il indique être resté du « 4 juin au 9 juillet ». La liste des helpers français ne reprend que « Dr. Nestor FIRPI et Mme Armadine » à cette adresse…

Durant son séjour chez les FIRPI, Fitzgerald déclare avoir reçu chaque jour la visite de Germaine BLAJPAI (née FLACHET) qu’il a accompagné chaque soir pour aller partager le repas de Mr AARON au 93 Avenue Philippe-Auguste. Fitzgerald rapporte que ce Mr AARON est un ancien officier dans l’Armée française, qu’il a beaucoup de contacts avec les Anglais et les Américains, qu’il connaît beaucoup d’officiers allemands et qu’il aide la Résistance à former une armée secrète.

Germaine BAJPAI le conduit ensuite à la Rue Pierre CHARRON où il revoit MARIE et Spevak. Le 15 juillet (selon Spevak) le groupe se rend à la gare d’Austerlitz où ils attendent leurs guides. Ceux-ci arrivent, deux jeunes Français et deux jeunes filles avec un Ecossais et un Américain  » Taney  » [ Il doit s’agir du T/Sgt Lewis Jay Taney, mitrailleur à bord de l’avion de Spevak. Taney, blessé à la jambe, décidera plus tard de se rendre pour être soigné – prisonnier au Stalag XVIIB en Autriche).]

Fitzgerald, Spevak et leurs guides montent dans le train à destination de Toulouse et, arrivés là, prennent un autre train pour Foix. Là, ils attendent un jour et une nuit l’arrivée de nouveaux guides. Ces derniers arrivent et ils mènent Fitzgerald et Spevak à pied à travers les Pyrénées orientales vers la principauté d’Andorre. Après une marche de trois jours, ils atteignent Andorre où ils se reposent pendant deux jours dans un hôtel à Andorra la Vella.

Fitzgerald et Spevak reprennent leur route à pied et passent en Espagne le 25 juillet 1943 pour arriver à Manresa d’où ils prennent un train pour Barcelone où ils se rendent au consulat britannique. Ils y sont interrogés le lendemain et après trois jours à Barcelone, ils partent en auto pour Madrid où le Major Clark les interroge le 28 juillet. Ils passent sept jours à l’Ambassade de Grande-Bretagne, puis quatre jours dans un hôtel. Ils partent ensuite pour Gibraltar où ils arrivent le 9 août, y sont interviewés le lendemain par Donald Darling et quittent Gibraltar par avion le 11, arrivant le même jour à Saint Mowgan en Angleterre. Fitzgerald est interrogé à Londres le 12 août 1943 par le major Nelson.

Fitzgerald est renseigné aussi comme Michael Allen Fitzgerald. Il repose au Calverton National Cemetery à Calverton dans l’Etat de New York. Son E&E 60 reprend sa date de naissance comme étant le 30 juillet 1917.

http://www.evasioncomete.org/ffitzgeam.html

Source (c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters, photo Claude Raoul Duval musée de l’ordre de la libération

La Résistance Quinocéenne… M. AUDOIN Léon

AUDOUIN LéonAUDOIN Léon, Léonard. Né le 5.09.1893, rue Ste Eulalie à Uzerche (19). Marié à St Quay

Portrieux (22) le 14.10.1918 avec Anne Marie DURAND. Père de 3 enfants (dont Jean arrêté le 21.07.1944,

Déporté à Buchenwald, décédé à Dora et Andrée dont le mari Yves LE GALLAIS, arrêté le 15.10.1943, déporté àNeuengamme, rentré). Léon AUDOIN est domicilié avec sa famille, rue du Maréchal Foch à St Quay Portrieux. Il est secrétaire de la cellule du Parti Communiste Français de St Quay Portrieux et membre de la Résistance Intérieure Française depuis juin 1940. Il est arrêté sur dénonciation, le 14.01.1943 à St Quay Portrieux avec Jules COURAPIED et Pierre BERTHIER par la gendarmerie française d’Etables sur ordre de la Gestapo.

Interrogé à la Feldkommandantur de St Brieuc, puis à la prison de St Brieuc, il est ensuite transféré le 18.01.1943 à Compiègne (60). Le samedi 23.01.1943, à la gare de Compiègne, Léon AUDOIN est intégré à un convoi constitué de wagons à bestiaux où 1466 Déportés sont entassés à raison d’une centaine par wagon. Les 4 derniers wagons restent vides. Ces hommes passent la nuit enfermés dans les wagons. Le lendemain matin, dimanche 24 janvier, 230 femmes en majorité communistes, regroupées la veille à Compiègne, sont entassées dans les 4 derniers wagons. Ce convoi part de Compiègne (60) le dimanche 24.01.1943 prenant la direction de Châlons sur Marne, puis Metz, avant d’entrer en Allemagne. Après une halte à Weimar, le train s’arrête à Halle. Les wagons des femmes sont dirigés sur le camp d’extermination d’Auschwitz Birkenau en Pologne ; les wagons des hommes sur le camp de concentration de Sachsenhausen en Allemagne où ils arrivent le 25.01.1943. Léon AUDOIN devient le matricule 58755. Après une période dite « de quarantaine » ayant surtout pour but de commencer à « casser la personnalité », de faire apprendre les commandements allemands et le matricule dans la langue de Goethe, il est transféré le 21.02.1943 à Heinkel. C’est le plus important kommando dépendant de Sachsenhausen, regroupant en 1944 un effectif de 8000 Déportés. Il s’agit d’une usine d’aviation travaillant au profit de la firme Ernest HEINKEL. Les conditions de travail, la sous-alimentation, les appels et contre-appels prolongés dans le froid glacial de cet hiver de 1945 finissent par avoir raison de la santé et de la résistance de Léon AUDOIN. Il y décède le 28.02.1945 à l’âge de 52 ans. Sur les 1466 hommes qui formaient ce convoi au départ de Compiègne (60) le 24.01.1943, 498 sont morts dans les camps de concentration nazis et pour 73 autres Déportés, la situation n’est toujours pas connue en 2013.

(Sources 3, 4, 16, 17, 34, 39)

LA FLAK DU TERRAIN D’AVIATION DE ST BRIEUC

 

 

Sur l’aérodrome de Saint Brieuc, il y avait au moins deux points importants de DCA, un au sud « flak sud » situé près du lieu-dit « Le Bignon ». Elle était composée de 3 pièces et de trois abris et entouré de champs de mines.

Au nord de l’aérodrome au lieu-dit Berrien à Saint-Brieuc, il était situé le point d’appui Fritz. De ce point ils avaient une vue sur toute la zone. Il ne reste, aujourd’hui, plus aucune trace des constructions de l’époque sur ce lieu. Il semblerait que des pièces étaient également placées dans l’enceinte de l’aérodrome. C’est notamment le cas d’une cuve qui est située juste en face du poste de commandement de la Croix Cholin et que l’on peu encore voir aujourd’hui.

L’aérodrome est très densément protégé par le leichte Flak Abteilung 752 sans parler de la flak embarquée sur les convois ferroviaires appartenant à la leichte flak abteilung 955 (eis).

Au Nord : 3 x 3,7 cm Flak 36

Au niveau de la CRS 13 : 1 x 2cm Flakvierling 38

La Grande Hacmorée : 3 x 2 cm Flak 30

Flak sud (la ville Bily) : 3 x 2 cm Flak 30

Les douets : 3 x 2 cm Flak 30

La Ville Chapelle: 3 x 3,7 cm Flak 36

A ces 16 canons de Flak, il faut aussi rajouter les 3 x 2 cm Flak 30 du dépôt de la gare.

Source Lagekarte de mai 44. Yannig Kerhousse
Flak flak

 

Source ABSA

par stquaypx Posté dans Divers